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japantimescnbc+1straitstimesLe dirigeant de Mitsui O.S.K. Lines, l'un des plus grands armateurs de superpétroliers au monde, a averti mercredi que les perturbations du transport maritime commercial dans le détroit d'Ormuz persisteraient bien au-delà de la fin de l'année, alors qu'une nouvelle série d'affrontements militaires entre les États-Unis et l'Iran déstabilise un corridor énergétique déjà fragile.
« Compte tenu de la situation actuelle, il est difficile d'envisager une reprise des opérations sous quelque forme que ce soit d'ici la fin de l'année », a déclaré le PDG Jotaro Tamura lors d'un entretien rapporté par The Japan Times. « La situation reste bien au-delà du niveau de risque que nous pouvons accepter. »japantimes
Cet avertissement fait suite à une vive intensification des hostilités au cours de la semaine écoulée. Le 31 août, l'armée américaine a frappé des cibles du Corps des gardiens de la révolution islamique en Iran après des attaques contre les forces américaines dans la région, selon CNBC et le Commandement central des États-Unis. L'Iran a répliqué par des frappes coordonnées de missiles et de drones visant des bases américaines au Bahreïn, en Jordanie et en Irak, selon Al Jazeera.thehill+2
L'échange de tirs a assombri des perspectives de résolution diplomatique déjà très faibles. Les pourparlers de paix entre Washington et Téhéran restent au point mort, les négociateurs n'étant pas encore parvenus à rétablir le trafic normal dans cette voie d'eau, par laquelle transite habituellement environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel.straitstimes
Mitsui O.S.K. tablait auparavant sur une reprise progressive du transit par le détroit d'Ormuz à partir d'octobre, suivie d'un retour à la normale en janvier. Ce calendrier « semble désormais compromis », a indiqué M. Tamura au Japan Times. Prudents face aux risques, les armateurs japonais ont retiré leurs flottes de pétroliers du Golfe après le déclenchement des combats fin février. Cela a contraint les raffineurs japonais, qui s'approvisionnaient auparavant à plus de 90 % en pétrole brut au Moyen-Orient, à puiser dans leurs stocks stratégiques et à chercher d'urgence des alternatives plus coûteuses aux États-Unis et en Afrique de l'Ouest.japantimes
Selon des estimations de négociants en pétrole citées par The Japan Times, entre 6 et 8 millions de barils de pétrole brut traversaient encore le détroit chaque jour la semaine dernière, bien que ce chiffre soit antérieur aux dernières frappes. Certains navires ont navigué avec leurs transpondeurs éteints pour éviter d'être détectés, une pratique que M. Tamura a qualifiée d'insoutenable.japantimes
Les répercussions s'étendent à toute l'Asie. L'indice des directeurs d'achat de Singapour est monté à 51,5 en août, marquant 13 mois consécutifs d'expansion portée par la demande liée à l'IA, mais le sous-indice des livraisons des fournisseurs s'est contracté pour un huitième mois d'affilée. Cela reflète ce que le Singapore Institute of Purchasing and Materials Management a qualifié de crise qui continue de « paralyser sévèrement les délais de livraison des fournisseurs et de faire exploser les prix des intrants, en particulier les coûts énergétiques ».straitstimes
L'économiste de UOB United Overseas Bank Limited , Jester Koh, a noté que les cargaisons étaient vraisemblablement dérivées par le cap de Bonne-Espérance pour éviter le détroit, ce qui rallonge les délais et accroît les coûts. Chua Han Teng, économiste senior chez DBS, a souligné que la hausse des prix de l'énergie continuait de peser sur les industriels à forte intensité énergétique.straitstimes
Pour que Mitsui O.S.K. reprenne ses passages réguliers, M. Tamura a expliqué que le groupe aurait besoin d'avoir la certitude qu'un transit sécurisé peut être maintenu sur plusieurs voyages, et non évalué au cas par cas, navire par navire et jour après jour. Le détroit d'Ormuz est de fait perturbé depuis début mars, lorsque des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran ont déclenché le blocage.csis+1
« Naviguer avec les transpondeurs éteints ne doit pas devenir la norme », a affirmé M. Tamura, « car cela signifierait que les navires opèrent en partant du principe qu'une attaque pourrait survenir. »japantimes