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news.artnet+1newscientist+1news.artnet+1Pendant plus de 2 000 ans, les chercheurs ont soutenu que les courbes subtiles du Parthénon étaient une prouesse d'ingénierie visuelle : des corrections délibérées conçues pour que le temple paraisse parfaitement droit à l'œil humain. Un mathématicien de l'Université d'Oxford soutient désormais que cette croyance persistante est sans fondement.
Dans un article publié mercredi dans Royal Society Open Science, Alain Goriely a examiné 12 corrections optiques proposées et attribuées aux architectes du Parthénon au Ve siècle av. J.-C., concluant que les prétendues illusions n'existent pas ou sont trop infimes pour être perçues dans des conditions de vision normales.news.artnet+2
"Il n'existe pas suffisamment de preuves historiques ni de preuves scientifiques pour étayer l'affirmation extraordinaire selon laquelle les raffinements du Parthénon ont été mis en œuvre en tant que corrections optiques", a écrit Goriely.news.artnet
L'affirmation la plus importante concerne le stylobate, ou base, du Parthénon, qui forme un arc léger s'élevant d'environ 6 centimètres au centre plutôt que d'être parfaitement plat. Selon la théorie établie, cette courbe contrait une illusion d'affaissement des longues lignes horizontales. Les calculs de Goriely ont montré qu'une telle illusion d'affaissement ne serait pas visible pour un spectateur.newscientist+1
Il s'est également penché sur l'entasis des colonnes, un léger renflement vers l'extérieur en leur milieu, censé éviter qu'elles ne paraissent pincées. Le renflement ne mesure que 18 millimètres, une différence que Goriely juge pratiquement imperceptible aux distances de vision habituelles. "De plus, lorsqu'il est perçu, l'œil l'enregistre comme un renflement plutôt que comme une correction", a-t-il écrit.iflscience+1
Marge Livingstone, neuroscientifique étudiant la perception visuelle à la Harvard Medical School, a approuvé l'explication du drainage pour la base incurvée. "Je pense que cela devait servir au drainage, tout comme sur les routes", a-t-elle déclaré au New Scientist.newscientist
Goriely a retracé le mythe jusqu'aux écrits de Vitruve, l'architecte et ingénieur romain qui a décrit ces prétendues corrections dans "De architectura" environ 400 ans après l'achèvement du Parthénon en 432 av. J.-C. Vitruve, note Goriely, était "connu pour avoir mal compris de nombreux aspects de l'architecture grecque". Ces idées ont retrouvé une autorité au XIXe siècle lorsque Francis Penrose a effectué des mesures précises sur l'Acropole, et la théorie de la correction optique est devenue un canon architectural.iflscience+1
Le mythe s'est avéré remarquablement durable. Goriely a testé des chatbots d'IA modernes, notamment ChatGPT, Gemini et Claude, et a constaté que chacun répétait l'explication de la correction optique comme un fait établi.greekreporter
Plutôt qu'une ingénierie visuelle sophistiquée, Goriely a suggéré que les caractéristiques du Parthénon servaient des objectifs pratiques ou esthétiques. La base incurvée facilitait probablement le drainage des eaux de pluie, tandis que la forme douce des colonnes pouvait simplement paraître plus organique et agréable aux constructeurs antiques qui travaillaient sans théorie formelle de la vision. Il attribue la persistance du mythe à ce qu'il appelle le "sophisme de la connaissance suprême", la tendance à idéaliser les Grecs anciens comme possédant une compréhension scientifique rivalisant avec la nôtre.news.artnet+2
Il a conclu par une invitation directe : "Faites confiance à vos propres yeux et remettez en question ce que vous voyez".news.artnet