Newsletter Subscribe
Enter your email address below and subscribe to our newsletter
[forminator_form id="25163"]

slguardianslguardianslguardianLes équipementiers automobiles chinois ont étendu en toute discrétion leur contrôle sur la chaîne d'approvisionnement européenne au moyen d'une campagne continue d'acquisitions ciblant les fournisseurs locaux, selon une enquête du Financial Times publiée lundi. Les conclusions révèlent plus de 130 investissements dans des fabricants de pièces européens depuis le milieu des années 2000, concentrés en Allemagne et en France, ce qui suscite l'inquiétude des décideurs politiques confrontés à la présence industrielle croissante de la Chine sur le continent.slguardian+1
Les acquisitions, recensées par le cabinet de conseil Rhodium, sont largement restées sous le radar politique. De nombreuses transactions réalisées au cours de la dernière décennie s'élevaient à moins de 100 millions d'euros, restant en dessous des seuils susceptibles de déclencher une intervention des régulateurs européens. La stratégie chinoise d'ouverture à l'international (« go global ») a d'abord incité les entreprises du pays à mondialiser leurs activités, les investissements ayant atteint un sommet au milieu des années 2010, illustrés par le rachat par Geely de Volvo Cars pour 1,8 milliard de dollars.slguardian
L'ampleur réelle de la présence chinoise pourrait être bien plus importante qu'admise publiquement. La société de renseignement d'affaires Sayari a constaté que, parmi les actifs automobiles contrôlés par la Chine qu'elle a cartographiés en Allemagne, « environ quatre sur cinq sont détenus par au moins un intermédiaire offshore ou impliquent une société holding immatriculée en Allemagne portant un nom local », selon son PDG Farley Mesko.slguardian
Les projets de Bruxelles visant à imposer des exigences plus strictes en matière de contenu local ont donné un nouvel élan aux entreprises chinoises pour acquérir des équipementiers européens plutôt que d'en créer de toutes pièces. L'Industrial Acceleration Act de l'UE, rédigé plus tôt cette année, consolide les exigences de fabrication locale qui favorisent dans les faits les entreprises disposant déjà de bases de production en Europe. Un haut dirigeant d'un grand équipementier japonais a déclaré au Financial Times que le rachat d'entreprises européennes offrait aux fournisseurs chinois un moyen d'obtenir rapidement le statut « fabriqué dans l'UE ».arc-group+1
Cette stratégie est devenue encore plus urgente depuis que l'UE a imposé en 2024 des droits de douane supplémentaires aux constructeurs chinois de véhicules électriques, dont BYD. Un responsable de l'UE a qualifié le défi posé par la Chine au secteur automobile européen de « défi de la décennie pour l'Europe ».slguardian
Le secteur des équipementiers automobiles en Europe emploie directement environ 1,7 million de personnes, et des fournisseurs majeurs comme Bosch, Valeo et Forvia ont déjà supprimé plus de 100 000 emplois au cours des deux dernières années. Les difficultés financières des fabricants européens ont créé des opportunités pour les acheteurs chinois.slguardian
Lorsque le groupe d'électronique Luxshare a accepté l'année dernière de racheter l'allemand Leoni pour 525 millions d'euros, la transaction a bénéficié du « soutien actif » des clients européens de Leoni, désireux d'accéder aux cycles de développement rapides de la Chine.slguardian
Le directeur général de Leoni, Klaus Rinnerberger, a livré un constat sans détour sur la pression concurrentielle : « Ce dont je suis fermement convaincu, c'est que de nombreux équipementiers rencontreront de plus en plus de difficultés, car si vous n'êtes pas prêt à travailler avec les Chinois au lieu d'agir contre eux, vous ne pourrez pas suivre le rythme des changements à venir ».slguardian