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europapress.cnbc.europapress.Les coûts d'emprunt du gouvernement français ont grimpé à leur plus haut niveau depuis plus de deux décennies. Les gestionnaires de fonds préviennent désormais que Paris n'a plus beaucoup de marge de manœuvre budgétaire et que la pression sur la dette publique française commence à peser sur les plus grandes banques du pays. Le rendement de l'obligation d'État française à 10 ans, connue sous le nom d'OAT, a atteint 4,9937% début octobre. CNBC a rapporté qu'il s'agissait du niveau le plus élevé depuis le 10 juillet 2002. Le rendement avait bondi de 70 points de base en septembre. Le rendement supplémentaire exigé par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que des Bunds allemands a dépassé les 150 points de base ce mois-ci, soit l'écart le plus large en près de 15 ans.cnbc
Le marché obligataire s'est légèrement calmé depuis. Le rendement à 10 ans est redescendu à environ 4,87% le 9 octobre. Les données de Trading Economics montrent que l'écart avec l'Allemagne s'est réduit à environ 135 points de base cette semaine-là, contre 159 points de base le vendredi précédent.tradingeconomics
Selon une enquête menée auprès de sociétés d'investissement par Europa Press, la vente massive a soulevé des doutes sur la capacité d'action du gouvernement français. Jakub Lichwa, gestionnaire de portefeuille chez TwentyFour Asset Management de Vontobel, a déclaré que "les perspectives techniques ne nous amènent pas à croire que nous avons déjà atteint un plafond". Il a ajouté que "plusieurs politiciens sont coupables de jeter de l'huile sur le feu avec divers commentaires irresponsables". Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management, a déclaré que la stagnation des recettes publiques, la hausse des prix de l'énergie, les taux d'intérêt élevés et un budget épuisé ont laissé l'économie française "sans filet de sécurité".europapress+1
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a qualifié la situation budgétaire du pays de "très complexe". Il a exclu toute aide de la Banque centrale européenne, déclarant : "La France ne doit pas chercher de solutions à Francfort, les solutions sont chez nous". Les investisseurs se tournent également vers l'élection présidentielle de 2027, ce qui ajoute aux doutes sur la capacité de la France à maîtriser ses finances publiques.democrata+1
Les banques françaises ont enregistré de moins bonnes performances que les autres prêteurs européens au cours des cinq dernières séances de bourse, tant au niveau du cours des actions que sur les marchés du crédit. Europa Press a rapporté que les actions de BNP Paribas ont chuté de 2,4% sur la semaine, Crédit Agricole de 3,7% et Société Générale d'environ 5%. Les gestionnaires de fonds soulignent plusieurs risques. La hausse des rendements des obligations d'État peut comprimer les bénéfices des banques, car celles-ci financent des prêts à long terme, comme les prêts hypothécaires, avec des dépôts. Une dégradation de la note de crédit de la France pourrait augmenter les coûts d'emprunt des banques elles-mêmes. Le gouvernement pourrait également augmenter les impôts sur les banques pour aider à combler son déficit.europapress+1
Les banques bénéficient également d'une certaine protection. Les données de la Banque centrale européenne montrent que les obligations d'État françaises représentent environ 2,5% du total des actifs des banques françaises, contre près de 10% pour les banques en Grèce et en Italie. TwentyFour estime que les avoirs en OAT des grandes banques françaises équivalent à 15% à 30% de leur capital de base, connu sous le nom de CET1. Les trois plus grands groupes réalisent plus de la moitié de leurs revenus en dehors de la France.democrata+1
"L'avantage de la diversification pour ces grands groupes bancaires est réel", a déclaré Lichwa, "et les piliers de revenus étrangers peuvent assurer la stabilité lorsque la dette souveraine nationale est sous tension".democrata