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bloombergbloomberg+1cnbc+1Le rebond spectaculaire du yen après ses plus bas de 40 ans s'essouffle déjà. La devise s'est stabilisée autour de 157 pour un dollar lundi, après avoir brièvement touché 155,20 dans la foulée de l'intervention conjointe historique de la semaine dernière entre les États-Unis et le Japon. Les stratèges estiment désormais que le seuil des 155 représente le niveau critique qui déterminera si ce rebond marque un tournant structurel ou s'il s'agit simplement d'un énième répit temporaire pour la monnaie nippone malmenée.
Shusuke Yamada, stratège en chef des changes pour le Japon chez Bank of America , a déclaré mardi à Bloomberg que les autorités japonaises semblaient « déterminées à enfoncer » le seuil des 155, un niveau qu'il considère comme le test décisif pour la viabilité du rebond. Cependant, les analystes s'interrogent déjà sur la durée possible de ce soutien coordonné.bloomberg
Les stratèges de JPMorgan Chase ont souligné que le Fonds de stabilisation des changes du Trésor américain ne détenait qu'environ 13 milliards de dollars d'actifs libellés en euros et 25,5 milliards de dollars d'actifs en dollars en juin. Des montants modestes comparés aux interventions du Japon, qui ont oscillé entre 35 et 60 milliards de dollars depuis 2022. Vendredi dernier, la Fed de New York a vendu des euros pour acheter des yens pour le compte du Trésor, un mécanisme qui puise directement dans ces réserves limitées.axios+2
Le ministère japonais des Finances a indiqué qu'il prévoyait d'utiliser à l'avenir la facilité de mise en pension (repo) FIMA (Foreign and International Monetary Authorities) de la Réserve fédérale. Cela permettrait à Tokyo d'emprunter des dollars en garantissant ses bons du Trésor américain plutôt que de devoir les vendre directement. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a plaidé pour une augmentation de la capacité de cette facilité, selon Reuters.reuters+2
Les stratèges d'UBS ont écrit lundi que « le policy mix du Japon a peu de chances de générer une force durable pour le yen », soulignant que la Banque du Japon ne devrait poursuivre qu'une normalisation très progressive et que les taux réels restaient négatifs. C'est donc le risque d'intervention, plutôt que les fondamentaux monétaires, qui soutient l'essentiel de l'effort.cnbc
HSBC a partagé cet avis, indiquant que sans des hausses de taux plus rapides de la BoJ et une orientation budgétaire plus claire de la part du gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi, « nous manquons encore de confiance pour anticiper une tendance baissière du cours USD/JPY ».cnbc
La BoJ a porté son taux directeur à 1 % en juin, un sommet en 31 ans, mais l'a laissé inchangé la semaine dernière. Le gouverneur Kazuo Ueda a averti que la banque centrale devait rester « plus vigilante que jamais » face aux risques inflationnistes, ce qui renforce les attentes d'une nouvelle hausse dès le mois de septembre.newfortunetimes
Cette intervention, la première opération conjointe d'achat de yens entre les États-Unis et le Japon depuis 1998, a été motivée par des préoccupations communes dépassant le simple taux de change. Washington craignait qu'une faiblesse persistante du yen n'oblige le Japon à vendre une grande partie de ses obligations du Trésor américain, estimées à environ 1 100 milliards de dollars, pour financer des interventions unilatérales, ce qui aurait accentué la pression sur un marché obligataire déjà sous tension.cnbc+2
« Lorsque deux des plus grandes économies mondiales interviennent ensemble sur le marché pour la première fois depuis plus d'une décennie, elles signalent aux investisseurs que des tensions s'accumulent sous la surface du système financier mondial », a commenté Nigel Green, PDG du cabinet de conseil financier deVere Group.axios
Pour l'instant, Scott Bessent a promis que Washington « n'hésitera pas à participer à d'autres interventions conjointes ». Reste à savoir si cet engagement permettra de ramener durablement le yen sous les 155, ou si l'essoufflement du mouvement incitera les spéculateurs à revenir sur le marché : c'est la question centrale qui agite les investisseurs.cnbc