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reutersecb.europa+1aljazeeraPiero Cipollone, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a déclaré que le risque d'une stagnation économique accompagnée d'une forte hausse de l'inflation découlant de la crise dans le détroit d'Ormuz était « assez éloigné ». Il s'inscrit ainsi en faux contre les craintes croissantes des marchés, qui redoutent que les tensions géopolitiques n'entraînent la zone euro dans une spirale stagflationniste.
Dans un entretien accordé au média italien ilsussidiario.net et publié lundi, Piero Cipollone a reconnu la nécessité de suivre l'évolution de l'environnement macroéconomique, tout en affirmant que les données actuelles ne justifient pas le pire des scénarios. « Nous devrons bien sûr surveiller les évolutions de l'environnement macroéconomique, mais pour l'instant, aucun signe ne pointe vers un scénario de stagflation », a-t-il indiqué, selon des propos rapportés par Reuters.reuters
Ces déclarations interviennent en pleine crise du détroit d'Ormuz, qui perturbe gravement les flux énergétiques mondiaux depuis le début de l'année 2026. Le trafic à travers le détroit est tombé à seulement huit navires par jour au milieu du mois d'août, contre 130 à 140 avant le conflit. Cette interruption a fait grimper les prix de l'énergie et suscite des interrogations sur le risque d'un retour de la stagflation du type de celle des années 1970 en Europe.aljazeera
Les propos rassurants de Piero Cipollone tranchent avec les anticipations de plus en plus fermes des marchés. Selon Reuters, les opérateurs intègrent désormais une probabilité d'environ 25 % de voir le taux de dépôt de la BCE atteindre 3 % d'ici mars 2027, et de près de 60 % d'ici septembre 2027. La plupart des analystes tablent sur une hausse de 25 points de base lors de la réunion de la BCE du 10 septembre, ce qui porterait le taux de dépôt à 2,50 %, contre 2,25 % actuellement.reuters+2
La BCE a relevé ses taux de 25 points de base en juin, une première depuis la fin de son cycle de baisse des taux au milieu de l'année 2025, mettant en avant les pressions inflationnistes d'origine énergétique liées au conflit au Moyen-Orient. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'était montrée ferme lors de la réunion de juillet, avertissant que le choc énergétique « ne s'est pas encore pleinement répercuté sur l'économie ».ecb.europa+1
Les remarques de Piero Cipollone suggèrent qu'au moins certains membres du Conseil des gouverneurs de la BCE restent prudents face au risque de resserrement excessif de la politique monétaire en réponse à ce qu'ils considèrent comme un choc d'offre. Les analyses de sensibilité propres à la BCE ont estimé qu'une perturbation prolongée à Ormuz pourrait réduire le PIB de la zone euro d'environ 0,4 point de pourcentage tout en faisant grimper l'inflation d'environ 1,3 point de pourcentage : un scénario douloureux mais maîtrisable plutôt qu'une stagflation ouverte.globalbankingandfinance
Les intervenants de marché se tournent désormais vers la réunion de septembre, au cours de laquelle la banque centrale devra peser la persistance des risques énergétiques face à une économie de la zone euro qui n'a pas encore montré de signes clairs de surchauffe en dehors du secteur de l'énergie.