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irishsun+1irishsun+1ekathimeriniLes coûts d'emprunt des gouvernements à travers l'Europe ont atteint ou frôlé des sommets inégalés depuis plusieurs décennies, alors qu'une vente massive d'obligations à l'échelle mondiale, des inquiétudes persistantes sur l'inflation et des pressions budgétaires croissantes redessinent le paysage de la dette souveraine du continent. Cette hausse généralisée des rendements s'est propagée au-delà des nations traditionnellement endettées pour toucher même les emprunteurs les plus solvables du bloc, soulevant des questions sur la viabilité de la trajectoire budgétaire de l'Europe.
Le rendement du Bund allemand à 10 ans a grimpé à environ 3,38 pour cent, son niveau le plus élevé depuis avril 2011, tandis que le rendement de référence à 10 ans de la France a brièvement dépassé 4,20 pour cent, un pic jamais vu depuis octobre 2008. Le rendement à 10 ans de l'Italie a atteint 4,22 pour cent, et les Pays-Bas ont vu leur propre référence atteindre environ 3,43 pour cent, soit le plus haut niveau depuis 2011. Le rendement à 10 ans de la Pologne est repassé au-dessus de 6 pour cent.irishsun+1
Dans l'un des développements les plus frappants, la France paie désormais plus cher pour emprunter sur 10 ans que l'Italie et la Grèce, un renversement qui aurait été impensable lors de la crise de la dette de la zone euro il y a dix ans. Le rendement à 10 ans de la Grèce s'est stabilisé près de 3,93 pour cent, bien en dessous de celui de la France, grâce à une gestion disciplinée de la dette, des réserves de trésorerie élevées et des besoins d'emprunt minimes pour le reste de l'année, selon Ekathimerini. L'écart entre les taux français et allemands s'est creusé à environ 80 points de base, reflétant les doutes croissants sur la capacité de Paris à contenir ses déficits.ekathimerini+1
Les pressions ne sont pas simplement cycliques. Les gouvernements européens empruntent davantage pour financer la défense, la transition énergétique et les coûts liés au vieillissement de la population. La Banque centrale européenne prévoit que le déficit public de la zone euro passera de 2,9 pour cent du PIB en 2025 à un pic de 3,7 pour cent d'ici 2027, avec une dette approchant les 90 pour cent du PIB d'ici 2028. La Banque de France a averti que l'incapacité à réduire le déficit à 5 pour cent du PIB ou moins pourrait entraîner de nouvelles dégradations de la note de crédit.think.ing+2
La reprise de la hausse des prix du pétrole a aggravé ces défis nationaux, alimentant les craintes d'une inflation persistante et d'un maintien des taux à un niveau élevé pour une période prolongée. Kiran Ganesh, directeur général chez UBS Global Wealth Management, a noté que la hausse des prix de l'énergie accentuait la pression à la hausse sur des rendements déjà poussés par des préoccupations budgétaires.irishsun+1
ING estime qu'une hausse de 50 points de base des rendements obligataires pourrait avoir un impact économique légèrement supérieur à une hausse équivalente des taux de la BCE, ce qui signifie que les marchés financiers opèrent déjà un resserrement monétaire substantiel. Carsten Brzeski, responsable mondial de la macroéconomie chez ING Research, a averti que la BCE devait se prémunir contre un resserrement excessif des conditions de financement, en particulier si les coûts d'emprunt divergent fortement entre les États membres.irishsun+1
La hiérarchie traditionnelle des risques entre les souverains européens est également en train de changer. Comme l'a observé Massimo Spagnol de Generali Assicurazioni Generali S.p.A. Asset Management, une croissance plus forte et une gestion de la dette plus stable en Italie et en Espagne ont incité les investisseurs à se concentrer sur les fondamentaux budgétaires réels plutôt que sur les perceptions passées du risque, une réévaluation qui place la France, et non l'ancienne périphérie, au centre des préoccupations du marché.irishsun