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cointribune+1wsj+1wsws+1Le rendement de l'obligation d'État française à 10 ans a franchi la barre des 4,3 % cette semaine pour atteindre 4,45 % le 11 septembre, un niveau jamais vu depuis la crise financière de 2008. Cette hausse s'inscrit dans une correction massive des marchés obligataires mondiaux qui pousse les coûts d'emprunt des grandes économies vers des sommets pluridécennaux. Cette progression accentue la pression sur un gouvernement français déjà confronté au ralentissement de la croissance et au creusement du déficit budgétaire, tandis qu'outre-Atlantique, la tentative du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent de calmer les taux à long terme par des rachats d'obligations accrus a tourné court.tradingeconomics+1
Le 9 septembre, le taux de l'OAT française à 10 ans s'établissait à 4,31 %, en nette hausse par rapport aux quelque 3,6 % de juin et 3,9 % un mois plus tôt. Lors d'une adjudication début septembre, l'Agence France Trésor a dû proposer un taux de 4,23 %, contre 3,73 % en juillet. L'obligation française à 30 ans a dépassé les 5 %, et l'écart (spread) entre les taux à 10 ans français et allemands a frôlé les 90 points de base, traduisant la prime de risque supplémentaire exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française.cointribune
Le gouvernement français a abaissé sa prévision de croissance pour 2026 de 0,7 % à 0,5 % et a reconnu qu'il manquerait son objectif de ramener le déficit public à 5 % du PIB. La charge de la dette devrait désormais atteindre environ 65 milliards d'euros cette année, dépassant les prévisions initiales de 4,5 milliards d'euros pour devenir le premier poste de dépenses de l'État. Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac, a souligné que « la France est particulièrement exposée à la hausse des taux », estimant que le retour à un déficit de 3 % du PIB d'ici 2029 pourrait nécessiter un ajustement budgétaire de près de 85 milliards d'euros.cointribune
La France n'est pas un cas isolé. Une analyse de Reuters Thomson Reuters Corporation souligne que les coûts d'emprunt des États, des États-Unis à l'Allemagne en passant par le Japon, se situent à des sommets pluridécennaux ou s'en approchent, sous l'effet des craintes inflationnistes, de l'envolée des émissions de de dette publique et de la hausse des cours du pétrole. Les taux du Bund allemand à 10 ans ont atteint leur plus haut niveau depuis 2011, tandis que les taux britanniques ont retrouvé des niveaux inédits depuis la mi-2007. Le New York Times rapporte que l'afflux d'emprunts des pays les plus riches, le creusement des déficits et l'inflation persistante poussent les investisseurs à exiger des rendements plus élevés.reuters+1
Aux États-Unis, l'extension de l'opération de rachat du département du Trésor jeudi (avec l'achat de 5,2 milliards de dollars d'obligations à long terme, sous le plafond annoncé de 6 milliards) n'a pas permis d'endiguer la tendance. Le taux du Trésor à 10 ans a grimpé à 4,94 %, et celui à 30 ans a touché 5,36 %, son plus haut niveau depuis 2004, selon le Wall Street Journal News Corp . Bloomberg rapporte que Bessent a balayé les inquiétudes par la suite, qualifiant le marché des bons du Trésor de « très sain ». Le passage du baril de Brent au-dessus des 107 dollars a alimenté les craintes d'inflation et accentué les ventes.treasury+2
La dynamique à laquelle font face les pays très endettés s'apparente à ce que le Financial Times Pearson plc qualifie de potentiel « cercle vicieux » : la hausse des intérêts sur la dette passée génère de la dette supplémentaire, poussant les investisseurs à exiger des rendements encore plus élevés. Les pays de l'OCDE devraient emprunter 18 000 milliards de dollars de plus cette année, un record historique. Si la France continue de trouver preneur pour ses obligations et ne risque pas de défaut de financement, le coût de chaque refinancement augmente. Les prochains arbitrages budgétaires devront rassurer les investisseurs pour éviter un nouvel élargissement de la prime de risque.wsws+1