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finance.yahoo+1finance.yahoo+1koreaherald+1Une vague de ventes synchronisée sur les obligations d'État, des États-Unis à l'Europe en passant par le Japon, a propulsé les coûts d'emprunt à des niveaux inédits depuis plus d'une décennie, déstabilisant les marchés d'actions et alimentant les inquiétudes sur la santé budgétaire des grandes économies.
Le rendement des bons du Trésor américain à 30 ans a atteint 5,34 % à la mi-août, un sommet depuis 2007, avant de refluer vers 5,17 %. Le taux à 10 ans oscille quant à lui autour de 4,7 %. En Europe, le Bund allemand à 10 ans, qui fait référence, s'établit à environ 3,22 %, un niveau qui n'avait plus été observé depuis 2011, tandis que l'OAT française à 10 ans a grimpé à 4,05 %, au plus haut depuis 2008. Le rendement à 10 ans du Japon a bondi à près de 2,9 %, contre 2,1 % en février. En Corée du Sud, le rendement de l'obligation d'État à 30 ans a bondi pour atteindre un record historique de 4,751 % le 18 août.finance.yahoo+2
Selon les analystes, ce réajustement des prix reflète des forces structurelles qui rendent un retournement durable peu probable. « Depuis la crise financière majeure de 2008-2009, la dette publique n'a cessé de croître dans le monde entier », souligne Frederik Ducrozet, responsable de la recherche macroéconomique chez Pictet. Le creusement des déficits budgétaires contraint les États à émettre toujours plus d'obligations, se livrant une concurrence féroce entre eux, et de plus en plus avec les géants de la technologie qui empruntent massivement pour financer leurs infrastructures d'intelligence artificielle, afin d'attirer les capitaux.koreaherald+1
La dette publique américaine a franchi la barre des 40 000 milliards de dollars pour la première fois ce mois-ci, soit le double de son niveau d'il y a dix ans, le coût annuel des intérêts ayant atteint 970 milliards de dollars l'an dernier. L'investisseur de légende Stanley Druckenmiller a averti cette semaine dans une tribune du Wall Street Journal News Corp que l'intervention du secrétaire au Trésor Scott Bessent pour racheter des obligations à long terme s'apparentait à une tentative de « mettre en sourdine » le dernier garde-fou budgétaire existant. « On ne peut pas s'extraire d'un débat sur la solvabilité à coups d'outils de liquidité », a écrit Druckenmiller. « On ne fait que repousser l'échéance et alourdir la facture finale. »finance.yahoo+1
Ces turbulences ont bousculé la hiérarchie des risques en Europe. La prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt qu'allemande s'est élargie pour le troisième mois consécutif, atteignant environ 88 points de base, soit son plus haut niveau depuis fin 2024. Les rendements français dépassent désormais ceux de l'Italie malgré le fardeau plus lourd de la dette de Rome, un retournement de situation que Reuters attribue à la fragmentation du Parlement français, au creusement du déficit et à l'incertitude entourant l'élection présidentielle prévue au printemps 2027.reuters+1
« Je ne serais pas surpris de voir ces écarts atteindre 100 points de base, et même au-delà de ce seuil, il y a de la marge pour qu'ils s'écartent encore davantage », a déclaré Kevin Thozet de Carmignac.reuters
Le S&P 500 a résisté à la tempête avec une relative résilience, mais la volatilité s'est accrue. Selon Barron's, les rendements du Trésor sont devenus le nouvel « indicateur de la peur » à Wall Street, détrônant le VIX en tant que mesure la plus surveillée par les investisseurs. La hausse des rendements renchérit le coût du crédit pour les entreprises finançant leur expansion dans l'IA, pèse sur les valorisations des valeurs de croissance et se traduit directement par des prêts immobiliers et des dettes d'entreprise plus coûteux.barrons+2
En Corée, le Kospi a effacé un gain initial de 3,4 % le 18 août pour clôturer en baisse de 1,55 % sous l'effet de la flambée des rendements obligataires. Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, résume ainsi le risque global : « On assiste à une baisse des achats immobiliers, à moins de projets de financement d'entreprises, et au bout du compte l'économie ralentit, ce n'est donc clairement pas une bonne nouvelle. »finance.yahoo+1