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reuters+1globalbankingandfinance+1reutersUn vaste mouvement de vente a secoué les marchés obligataires mondiaux mardi, portant le rendement des obligations d'État japonaises à 10 ans à 3 % pour la première fois depuis 1996 et faisant grimper les coûts d'emprunt de New York à Francfort en passant par Bombay, alors que l'escalade des hostilités au Moyen-Orient, la flambée du pétrole et les signaux fermes des banques centrales se sont conjugués pour pénaliser les investisseurs en revenus fixes du monde entier.
La déroute, que les analystes de TD Securities ont qualifiée de « véritable changement de régime », a redessiné le paysage des marchés de la dette souveraine qui, pendant des décennies, ont compté sur les rendements ultra-bas du Japon comme point d'ancrage des coûts d'emprunt mondiaux.reuters+1
Le rendement des obligations japonaises à cinq ans a atteint un niveau record, tandis que le rendement à deux ans a atteint un sommet de 31 ans, selon Reuters. Le rendement du Trésor américain à 10 ans est grimpé à son plus haut niveau depuis début 2025, tandis que le rendement à 10 ans de l'Allemagne, référence de la zone euro, a progressé vers des niveaux inédits depuis 2011. Les rendements français à 10 ans ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2008 et le rendement de référence de l'Inde s'est rapproché de 7 %.news.jkn+2
« La hausse des taux d'intérêt à long terme est alimentée par la combinaison d'anticipations croissantes de hausses de taux, nourries par les craintes d'inflation mondiale, et d'inquiétudes concernant la soutenabilité budgétaire dans les principales économies développées », a déclaré Shigeto Nagai, responsable de l'économie japonaise chez Oxford Economics à Tokyo. « Les craintes relatives aux taux à long terme dans les grandes économies s'alimentent mutuellement par-delà les frontières ».reuters
Ce mouvement de vente a fait suite à de nouvelles frappes militaires entre les forces américaines et l'Iran, propulsant le contrat à terme sur le pétrole Brent au-dessus de 91 dollars le baril et ravivant les craintes d'inflation à l'approche de l'hiver. La posture ferme du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, lors du symposium de Jackson Hole a encore renforcé les attentes de hausses de taux, les marchés intégrant une probabilité d'environ 66 % pour une hausse de la Fed en septembre selon l'outil CME FedWatch.economictimes+2
Les stratégistes ont qualifié ce mouvement non pas de ventes de panique, mais plutôt de retrait structurel de la demande. Masahiko Loo, stratégiste senior pour les produits de taux chez State Street Investment Management, a indiqué que le facteur sous-estimé est le fait que « le Japon cesse progressivement d'être l'acheteur marginal d'obligations étrangères », réduisant la demande supplémentaire venant de l'un des plus grands réservoirs d'épargne au monde. « C'est pourquoi cette vague de vente ressemble davantage à une grève des acheteurs qu'à une panique des vendeurs », a-t-il expliqué.reuters
Les émissions souveraines massives aggravent le problème. La dette des États-Unis a dépassé les 40 000 milliards de dollars, les ministères japonais devraient solliciter un budget initial record pour le prochain exercice fiscal et l'Allemagne a accru ses dépenses budgétaires dans la défense et les infrastructures. Les emprunts des entreprises pour financer l'essor de l'IA ont renforcé la concurrence pour capter le capital disponible.globalbankingandfinance+1
Les marchés intègrent désormais des hausses de taux de la part de plusieurs banques centrales ce mois-ci : aux États-Unis, au Japon, en Nouvelle-Zélande et potentiellement en Europe, où la BCE se réunit le 10 septembre. En Australie, la probabilité d'une hausse des taux lors de la réunion de la Banque de réserve d'Australie le 29 septembre a bondi à 54 %, contre seulement 10 % une semaine plus tôt.theedgemalaysia+2
Andrew Lilley, stratégiste en chef sur les taux chez Barrenjoey à Sydney, a averti que les banques centrales pourraient déjà avoir un train de retard : « Il ne faut pas se retrouver dans une situation où, si vous n'opérez pas de resserrement, le marché en réalise la moitié à votre place parce qu'il estime que vous prenez un risque majeur ».reuters