Newsletter Subscribe
Enter your email address below and subscribe to our newsletter
[forminator_form id="25163"]

icijicijicijUn ensemble de 4,8 millions de documents confidentiels provenant de l'Industrial and Commercial Bank of China a révélé comment la plus grande banque du monde a utilisé ses opérations londoniennes pour financer des entreprises liées à des oligarques sanctionnés, des autocrates et l'establishment politique chinois, selon une enquête publiée dimanche par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et 23 partenaires médiatiques.
L'enquête, intitulée "China Capital", révèle que l'ICBC, qui détient plus de 8 000 milliards de dollars d'actifs, a régulièrement enfreint ou contourné ses propres politiques de lutte contre le blanchiment d'argent et les sanctions sous la pression de son siège à Pékin, privilégiant les objectifs géopolitiques aux normes de conformité.icij+1
Les fichiers fuités, datés entre 2005 et 2024, montrent que l'ICBC de Londres a servi de centre de financement pour des entreprises liées à certaines des personnalités les plus controversées au monde. Parmi ses principaux clients figurait Nornickel MMC Norilsk Nickel, le géant minier russe contrôlé par des alliés du président Vladimir Poutine. Jusqu'en 2024, l'ICBC a envisagé d'accorder de nouveaux prêts en monnaie chinoise à Nornickel, alors même que le Royaume-Uni et les États-Unis avaient interdit les importations de nickel russe.icij
L'ICBC a été l'une des rares banques étrangères à accroître son exposition à la Russie après l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en 2022, doublant plus que ses revenus bruts sur place entre 2022 et 2023 et gagnant environ 370 millions de dollars en Russie en 2024, selon les chiffres analysés par la Kyiv School of Economics.icij
La banque a également aidé le géant technologique chinois Huawei à transférer 1,3 milliard de dollars de Londres à Shenzhen en une seule journée en 2019, quelques jours seulement après que le ministère américain de la Justice a inculpé Huawei pour violation présumée des sanctions contre l'Iran.icij+1
Les formulaires de demande de crédit incluaient fréquemment l'expression "justification chinoise" pour expliquer pourquoi l'ICBC de Londres devait poursuivre une opération, mettant à nu la nature géopolitique de nombreux prêts. L'Australian Financial Review, partenaire médiatique de l'ICIJ, a rapporté que l'ICBC a accordé des prêts déficitaires ou marginaux à de grandes entreprises australiennes de ressources et d'infrastructures comme stratégie pour établir des relations à long terme alignées sur les objectifs politiques de Pékin.afr+1
Les dossiers internes montrent que les analystes de l'ICBC évaluaient chaque transaction en fonction de son alignement avec l'initiative des Nouvelles routes de la soie du président Xi Jinping et la politique industrielle Made in China 2025. Dans un cas, la banque a prêté environ 90 millions de dollars à la compagnie pétrolière nationale d'Azerbaïdjan, Socar, malgré les avertissements extérieurs de conformité, les banquiers notant que le client était "stratégiquement important" pour la politique des Nouvelles routes de la soie de la Chine.icij
L'enquête a révélé que les régulateurs aux États-Unis, au Canada et au Luxembourg ont infligé des amendes aux unités de l'ICBC pour violation des règles de lutte contre la criminalité financière, tandis qu'une douzaine d'autres pays ont soulevé des préoccupations concernant des échecs de conformité similaires. Un responsable de la déclaration de blanchiment d'argent a noté dans un mémo interne de 2019 : "Il y a très peu d'appétit pour se désengager des activités à haut risque de criminalité financière".icij
Christopher Walker, vice-président du Center for European Policy Analysis, a déclaré à l'ICIJ que les banques chinoises fournissent des capitaux "recherchés dans le monde entier" mais avec moins de considération pour les normes bancaires conventionnelles. "Le capital autoritaire, en fin de compte, est un capital assez corrosif", a-t-il déclaré.icij
Le gouvernement chinois a rejeté ce qu'il appelle des "fausses narrations" sur des "prêts opaques", déclarant par l'intermédiaire d'un porte-parole que le financement extérieur de la Chine suit "strictement" les règles du marché et les normes internationales. L'ICBC n'a pas répondu aux demandes répétées de commentaires de l'ICIJ.icij