Newsletter Subscribe
Enter your email address below and subscribe to our newsletter
[forminator_form id="25163"]

bloombergndtvprofitreutersLe marché mondial du pétrole connaît une divergence fondamentale : les prix du brut sont sous pression alors même que les produits raffinés s'échangent avec des primes proches de niveaux records, a déclaré lundi le PDG de TotalEnergies , Patrick Pouyanné, lors de la conférence ONS à Stavanger, en Norvège.
Patrick Pouyanné a décrit un marché où le pétrole brut s'échange autour de 90 dollars le baril à Londres, bien en deçà des sommets atteints au début du conflit, tandis que l'écart de prix pour des produits comme le diesel par rapport au brut a grimpé pour atteindre son plus haut niveau depuis plus de 15 ans. « Nous avons un marché du brut orienté à la baisse et un marché des produits très haussier, ce qui est très étrange », a souligné M. Pouyanné. Il a prévenu que les consommateurs européens en feraient les frais et qu'il était peu probable que les prix de l'essence aux États-Unis descendent sous la barre des 4 dollars le gallon, « comme le souhaiterait le président Trump ».ndtvprofit+2
Le PDG de Shell , Wael Sawan, s'exprimant lors du même événement, a décrit une « triple menace » qui pèse sur les produits raffinés : les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes, et les menaces sur le transport maritime dans le golfe Persique et en mer Rouge. Shell s'efforce de maximiser la production de produits raffinés à partir de ses propres actifs, a précisé M. Sawan.ndtvprofit
Alors que les cargaisons de brut transitent par le détroit d'Ormuz « très calmement », l'équation économique est prohibitive pour les petits navires de transport de produits raffinés, a expliqué M. Pouyanné. L'acheminement par le détroit d'un superpétrolier (VLCC) pouvant contenir 2 millions de barils coûte environ 20 millions de dollars, mais le coût proportionnel pour des navires plus petits transportant des produits raffinés est trop élevé, ce qui explique qu'aucun d'entre eux n'emprunte cette voie. Par ailleurs, les frappes de drones ukrainiens ont réduit l'approvisionnement en carburant russe de 3 à 3,5 millions de barils par jour, ce qui contracte encore davantage l'offre mondiale.investing+2
Une analyse de Reuters publiée lundi souligne que le débat sur les volumes de brut transitant par Ormuz, y compris les affirmations contestées du secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright selon lesquelles les flux sont plus élevés que ne l'estiment les sociétés de suivi des navires, masque une crise plus profonde des carburants raffinés. Les importations asiatiques de distillats légers et moyens ont chuté de 21 % par rapport à la moyenne des trois mois précédant le début du conflit avec l'Iran en février, soit une baisse d'environ 1,49 million de barils par jour, selon les données de Kpler citées par Reuters. L'impact est inégalement réparti : des pays moins riches comme l'Indonésie et les Philippines enregistrent des baisses d'importation plus marquées, tandis que des importateurs plus riches comme l'Australie parviennent à sécuriser des volumes similaires mais à un coût bien plus élevé. Les marges de raffinage du gazole à Singapour s'établissaient à 71,29 dollars le baril le 21 août, en hausse de 226 % par rapport à la veille du début du conflit.reuters