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reuters+1hokanewsreutersLe rendement de référence des obligations d'État japonaises à 10 ans a atteint 2,945 % mardi, son plus haut niveau depuis septembre 1996, avant de reculer jeudi après une intervention surprise du Trésor américain qui a contribué à apaiser les marchés obligataires mondiaux. Ce rapprochement du seuil des 3 % marque un tournant pour un marché obligataire façonné pendant des décennies par des taux extrêmement bas et une forte intervention de la banque centrale.reuters+1
La vague de ventes a été alimentée par les inquiétudes persistantes concernant l'inflation, les anticipations de nouvelles hausses de taux de la Banque du Japon et l'inquiétude grandissante face à la politique budgétaire expansionniste de la Première ministre Sanae Takaichi. Selon les analystes, les outils dont disposent les décideurs japonais, qu'il s'agisse de réductions ponctuelles des émissions d'obligations ou d'achats d'urgence de la BOJ, ne constituent au mieux que des expédients temporaires.reuters
« Le Japon n'a pas connu de pressions sur les prix aussi tenaces depuis le précédent choc pétrolier », a déclaré Mari Iwashita, stratège exécutive sur les taux chez Nomura Securities. « Le défi d'ancrer l'inflation sur l'objectif de 2 % de la BOJ devient de plus en plus lourd. »reuters
Les enjeux pour Mme Takaichi sont directs. Son programme de dépenses repose sur l'hypothèse que la croissance économique dépassera le coût de l'emprunt. Une hausse durable au-dessus de 3 %, le niveau retenu par le gouvernement dans ses hypothèses budgétaires, porterait le coût du service de la dette au-delà des 31 000 milliards de yens (195 milliards de dollars) actuellement alloués, tout en compromettant sa volonté d'investir dans des secteurs stratégiques de croissance. Le gouvernement a exclu de plafonner les demandes de dépenses pour ces secteurs dans le budget de l'année prochaine, ce qui pourrait imposer des émissions de dette encore plus importantes.reuters
Les investisseurs étrangers ont vendu environ 1 250 milliards de yens (8 milliards de dollars) d'obligations japonaises en une seule semaine récente, soit environ 21 fois le niveau de la semaine précédente, tout en achetant simultanément 621 milliards de yens d'actions japonaises. Cette divergence suggère que les investisseurs internationaux réévaluent l'attractivité relative de la dette japonaise par rapport aux actions à mesure que les taux domestiques augmentent.hokanews
Un soulagement est intervenu mercredi lorsque le ministère américain du Trésor a annoncé qu'il doublerait au moins le montant de ses opérations de rachat d'obligations à long terme destinées à soutenir la liquidité, le faisant passer de 2 milliards de dollars à au moins 4 milliards de dollars par opération. Cette décision a contribué à inverser la hausse mondiale des rendements à long terme. Jeudi, le rendement à 10 ans du Japon était retombé à environ 2,835 %, tandis que le rendement à 20 ans reculait de 8,5 points de base à 3,690 %.economictimes+2
Malgré ce répit temporaire, les analystes préviennent que les tensions sous-jacentes ne sont pas réglées. La hausse des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient continue d'alimenter l'inflation, et la BOJ ne semble pas disposée à intensifier ses achats d'obligations alors qu'elle réduit activement ses interventions.reuters
« La BOJ ne peut pas ancrer les anticipations d'inflation si le gouvernement accroît les dépenses budgétaires et renforce les pressions sur les prix issues de la guerre au Moyen-Orient », a expliqué Naomi Muguruma, stratège obligataire en chef chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities. « L'inflation est désormais devenue le risque majeur pour quiconque échange des JGB. »reuters