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cnbc+1cnbc+2reutersUne vague de hausses des taux d'intérêt par les plus grandes banques centrales du monde ce mois-ci marque un retour décisif au resserrement monétaire, alors que la flambée des prix du pétrole provoquée par le conflit au Moyen-Orient ravive les craintes d'inflation et fait fuir les investisseurs des marchés d'actions.
La Réserve fédérale a relevé mercredi son taux directeur de 25 points de base pour le porter dans une fourchette cible de 3,75% à 4%, sa première hausse depuis 2023, le Comité de politique monétaire (FOMC) ayant voté à l'unanimité (12 voix contre 0) en ce sens. Le graphique à points (« dot plot ») actualisé de la Fed prévoit une hausse supplémentaire cette année, bien que les marchés anticipent une trajectoire plus agressive. Vendredi, la Banque du Japon a porté son taux directeur à 1,25%, un sommet en 31 ans, lors d'une décision à 7 contre 2 qui accélère son cycle de resserrement pour contrer des pressions persistantes sur les prix. La Banque centrale européenne avait déjà relevé son taux de dépôt à 2,5% le 10 septembre.cnbc+6
Ce pivot restrictif synchronisé secoue les marchés mondiaux. Les données de LSEG Lipper montrent que les fonds d'actions mondiaux ont enregistré des sorties nettes de 15,52 milliards de dollars au cours de la semaine se terminant le 9 septembre, soit le montant le plus élevé depuis mars, sous l'effet notamment de 32,27 milliards de dollars de ventes nettes sur les seuls fonds d'actions américains. Les fonds américains de grande capitalisation ont quant à eux enregistré des sorties hebdomadaires record de 40,44 milliards de dollars.reuters+1
La pression vendeuse reflète une inquiétude croissante quant aux perspectives d'inflation. Les contrats à terme sur le brut West Texas Intermediate ont atteint 102,40 dollars le baril le 16 septembre, selon le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo, alors que le conflit au Moyen-Orient continue de perturber les principales routes d'approvisionnement énergétique. Les perspectives de septembre de S&P Global ont signalé une « pression à la hausse renouvelée et élargie sur les prix de l'énergie », parallèlement à « un resserrement accru de la part des principales banques centrales et à la hausse des rendements souverains ».chosun+1
Toutes les banques centrales n'ont pas encore franchi le pas, mais celles qui temporisent changent de ton. La Banque d'Angleterre a voté mercredi à 6 contre 3 pour maintenir son taux directeur à 3,75%, trois membres s'étant prononcés pour une hausse immédiate à 4%. Le gouverneur Andrew Bailey a prévenu qu'une escalade continue au Moyen-Orient pourrait contraindre à un nouveau resserrement. Les marchés anticipent désormais au moins une hausse d'ici novembre, les analystes d'AJ Bell faisant état d'attentes allant « jusqu'à cinq hausses d'ici juillet ».forbes
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25% le 2 septembre, mais a émis un avertissement explicite sur le risque d'une inflation élevée, signalant qu'elle pourrait procéder à plusieurs hausses si les pressions sur les prix persistent. Au Royaume-Uni, les taux fixes moyens des prêts hypothécaires sur deux ans ont grimpé à 5,83%, leur plus haut niveau depuis mai, les prêteurs intégrant les futures hausses avant même les décisions officielles.bankofcanada+2
Ce qui distingue ce cycle de resserrement, c'est son origine. Comme l'a souligné BNN Bloomberg, les hausses de taux ne répondent pas à une surchauffe économique, mais à une « inflation importée par des chocs énergétiques géopolitiques », une dynamique qui contraint les banques centrales à augmenter le coût du crédit alors même que la croissance ralentit. CNBC a rapporté que des taux américains plus élevés pourraient se traduire par « un dollar plus fort, une pression accrue sur les autres devises et moins de marge de manœuvre pour les autres banques centrales pour assouplir leur politique monétaire ».bnnbloomberg+1
La Fed, la BCE et la BoJ resserrant désormais leur politique à l'unisson, les conditions de liquidité mondiales devraient rester restreintes. La question qui se pose désormais aux décideurs politiques est de savoir s'ils peuvent contenir l'inflation liée à l'énergie sans plonger leurs économies dans la récession.