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cnbc+1mezhamarineradar+1La valeur d'un baril de pétrole dépend désormais largement de sa situation géographique. Alors que le conflit au Moyen-Orient s'intensifie, une structure de prix à deux niveaux s'est installée sur les marchés mondiaux du brut : le pétrole bloqué derrière des points de passage stratégiques se vend avec d'importantes décotes, tandis que les qualités facilement livrables atteignent des primes inédites depuis des années.
Le fossé s'est creusé brutalement la semaine dernière après que l'Arabie saoudite a fermé son oléoduc Est-Ouest, un conduit de 1 200 kilomètres d'une capacité de 7 millions de barils par jour, à la suite d'attaques de drones lancées depuis le territoire irakien. L'oléoduc était devenu une solution de contournement essentielle pour les exportations saoudiennes après que le détroit d'Ormuz a été largement perturbé plus tôt cette année. Sa fermeture a supprimé l'une des dernières alternatives fiables pour acheminer le brut du Golfe Persique vers le marché.cnbc+2
Le brut irakien Basrah Medium pour chargement en octobre est proposé avec une décote de 43,06 dollars par baril par rapport au Murban, la référence d'Abou Dabi pour le pétrole chargé à Fujaïrah, un port relié par un oléoduc qui contourne le détroit d'Ormuz, selon l'agence de notation Argus. Le brut qatari Al-Shaheen, qui ne peut atteindre les acheteurs que par le détroit, se négocie avec une décote de 24,92 dollars par baril par rapport au Murban.mezha+1
Une partie du brut transite toujours par le détroit d'Ormuz, bien que les volumes soient estimés à environ 10 millions de barils par jour, soit environ la moitié des niveaux d'avant le conflit. Une fois sorti, le pétrole bénéficie d'une prime. Le brut Upper Zakum de l'Abu Dhabi National Oil Company, vendu via des transferts de navire à navire, a été évalué à 7 dollars au-dessus de la référence de Dubaï pour les cargaisons d'octobre et à 13,25 dollars au-dessus pour novembre.boereport+1
Les taux de fret ont bondi en parallèle. Les très grands transporteurs de brut (VLCC) sur la route Golfe d'Oman-Chine ont atteint un record de 450 points Worldscale, équivalent à environ 11,50 dollars par baril, selon les données maritimes.marineradar+1
Le brut produit loin de la zone de conflit récolte les fruits de la situation. La qualité la plus chère dans l'évaluation quotidienne d'Argus est le Pyrenees, un pétrole moyen-doux provenant de la côte nord-ouest de l'Australie, évalué à 138,04 dollars par baril le 11 septembre, soit une prime de 33,43 dollars par rapport aux contrats à terme sur le Brent. Depuis le début du conflit le 28 février, le Pyrenees a progressé de 96 %, dépassant largement le gain de 44 % du Brent.mezha+1
Le Bonny Light nigérian a dépassé les 115 dollars par baril, soutenu par sa faible teneur en soufre et son éloignement des zones de perturbation. Le brut angolais Cabinda a terminé à 118,46 dollars, en hausse de 62 % depuis la veille de la guerre.boereport+1
Le rapport de septembre de l'Agence internationale de l'énergie prévoit une offre mondiale de pétrole de 100,7 millions de barils par jour en 2026, en baisse de 5,7 millions de barils par jour sur un an, avec une reprise complète de la production au Moyen-Orient reportée à 2027. Les contrats à terme sur le Brent ont atteint un sommet de trois mois à 109,97 dollars le 11 septembre avant de reculer.iea+1
Comme l'a noté le chroniqueur de Reuters Clyde Russell, le marché s'est effectivement divisé en deux mondes : l'un où les barils sont évalués en fonction de la qualité et de la demande, et un autre où l'itinéraire vers le marché est devenu le coût dominant. Pour les raffineurs asiatiques en particulier, chaque baril comporte désormais une taxe géographique, et plus la source est proche du consommateur, plus le prix est élevé.boereport