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reuters.com+1Reuters+1TRADING ECONOMICS+1Les perturbations prolongées du trafic maritime dans le détroit d'Hormuz et les dommages durables causés aux infrastructures qataries de GNL ont plongé le marché mondial de l'énergie dans une crise d'approvisionnement structurelle. Cette situation contraint les grands importateurs d'Asie à se tourner de nouveau vers le charbon et le pétrole, tandis que les prix du gaz européen frôlent des sommets de quatre mois.
Shell , le premier négociant mondial de GNL, a indiqué dans ses perspectives annuelles publiées le 30 juin que le commerce mondial de GNL pourrait stagner en 2026, mettant fin à plus d'une décennie de croissance continue, si la navigation dans le détroit d'Hormuz ne revient pas à la normale cet été. La crise découle de frappes de missiles iraniens contre la cité industrielle de Ras Laffan au Qatar en mars. Selon QatarEnergy, ces attaques ont détruit 17 % de la capacité d'exportation de GNL du pays et forcé l'entreprise à déclarer la force majeure sur ses contrats à long terme pour une durée pouvant atteindre cinq ans. Les dégâts ont mis hors service environ 12,8 millions de tonnes de production annuelle de GNL et causé des pertes de revenus annuels estimées à 20 milliards de dollars, d'après le directeur général de QatarEnergy, Saad al-Kaabi.reuters.com+3
La situation a été aggravée par la poursuite des hostilités. Début juillet, les États-Unis ont lancé de nouvelles frappes contre l'Iran et révoqué une licence de vente de pétrole après que trois pétroliers ont été touchés dans le détroit, le Joint Maritime Information Center portant le niveau de menace à "grave".Reuters+1
La contraction de l'offre a frappé de plein fouet les importateurs asiatiques. Les flux nets de GNL vers l'Asie sont tombés sous la barre des 6 millions de tonnes en moyenne mobile sur 30 jours en avril, soit le niveau le plus bas depuis juin 2020, selon des données compilées par Bloomberg. Le Pakistan a vu ses livraisons de GNL pratiquement s'interrompre après la force majeure déclarée par le Qatar, seules deux des huit cargaisons prévues en mars ayant été livrées. Les importations de charbon de la Corée du Sud ont bondi de 27 % sur un an en avril, les acheteurs cherchant des alternatives, marquant le plus fort volume d'importation de charbon sur deux mois en trois ans. Le Japon et la Corée du Sud ont tous deux augmenté leur production d'électricité à partir de charbon en avril et mai, a rapporté Reuters.aljazeera+3
Le gouvernement sud-coréen a officiellement augmenté la part du charbon et du nucléaire dans son mix électrique pour réduire sa dépendance au GNL. Le Bangladesh, les Philippines, la Thaïlande et le Viêt Nam ont également accru leur production thermique au charbon.reuters.com+3
Les prix de référence du gaz en Europe ont grimpé jusqu'à près de 60 €/MWh fin juillet, en hausse de plus de 42 % sur le dernier mois et de 80 % par rapport à l'année précédente. Les stocks de gaz de l'UE s'établissaient à environ 51-54 % de leur capacité entre début et mi-juillet, bien en deçà des 54 % enregistrés un an plus tôt et environ 14 points de pourcentage sous la moyenne sur cinq ans. Le groupe de coordination pour le gaz de la Commission européenne a déclaré le 30 juin qu'atteindre 80 % de remplissage d'ici l'hiver restait réalisable, tout en reconnaissant que les niveaux demeuraient inférieurs aux normes d'avant la crise.TRADING ECONOMICS+3
Rystad Energy a averti que la perturbation s'étend au-delà des seuls marchés du pétrole brut. Dans une analyse publiée en avril, le cabinet a noté que les raffineurs européens avaient besoin de 260 000 barils par jour de traitement supplémentaire, alors même que les opérateurs réduisaient leur cadence, les différentiels sur le marché physique ajoutant 35 à 45 dollars par baril aux prix affichés sur écran. Le rapport de Rystad sur le marché pétrolier en mai a projeté des réductions de traitement dans les raffineries d'Asie, du Moyen-Orient et de Russie, au fur et à mesure que les flux commerciaux s'adaptaient au blocage du détroit. Les perspectives plus larges du cabinet pour 2026 ont souligné que la croissance de la capacité mondiale de raffinage accuse un retard par rapport à la hausse de la demande de produits depuis 2023, la tension sur les marchés de produits raffinés portant les marges de raffinage à des niveaux élevés.Rystad Energy+2
La crise illustre comment un seul point de passage stratégique peut redéfinir les flux énergétiques mondiaux. Comme le souligne Shell, la reprise de la demande de GNL dépend du moment où le trafic dans le détroit d'Hormuz reviendra à la normale, et s'il y revient.Shell Global