Newsletter Subscribe
Enter your email address below and subscribe to our newsletter
[forminator_form id="25163"]

caspianpostcaspianpostnewarabLa crise dans le détroit d'Hormuz a porté un coup beaucoup plus dur au commerce mondial de gaz naturel liquide qu'à celui du pétrole, exposant les vulnérabilités structurelles de la chaîne d'approvisionnement en GNL qui laissent de grands exportateurs comme le Qatar quasiment sans moyen d'acheminer leurs cargaisons vers les marchés.
Les données de l'Administration américaine d'information sur l'énergie montrent que les flux de GNL à travers le détroit ont chuté de 92%, passant de 10,5 milliards de pieds cubes par jour au quatrième trimestre 2025 à seulement 0,8 milliard au deuxième trimestre 2026, selon un rapport du Caspian Post citant l'Agence Anadolu. Sur la même période, les flux pétroliers ont baissé de 77%, passant de 21,6 millions de barils par jour à 4,9 millions. Durant la semaine se terminant le 29 août, aucun méthanier n'a traversé le détroit, tandis que seulement quatre pétroliers de brut l'ont emprunté.caspianpost
Cette divergence s'explique par la flexibilité. Les producteurs de pétrole, en particulier l'Arabie saoudite, ont pu réorienter leurs expéditions via des infrastructures alternatives. Les flux à travers le détroit de Bab el-Mandeb sont passés de 5,4 millions de barils par jour à 8,1 millions, l'Arabie saoudite ayant redirigé son brut via son oléoduc Est-Ouest vers le port de Yanbu sur la mer Rouge.caspianpost
Les exportateurs de GNL ne disposent d'aucune option similaire. Les installations d'exportation du Qatar sont concentrées à Ras Laffan, et tout le GNL transporté par mer doit obligatoirement passer par Hormuz. Mehdy Touil, spécialiste du GNL chez Calypso Commodities, a déclaré à l'Agence Anadolu que les méthaniers sont des navires cryogéniques spécialisés bénéficiant d'une tolérance au risque plus faible en matière d'assurance, et que l'infrastructure d'exportation vieux de plusieurs décennies du Qatar ne peut simplement pas être déplacée. Le Forum des pays exportateurs de gaz estime que plus de 300 cargaisons de GNL qatari ont été perdues entre mars et juin.caspianpost
La perturbation met désormais à rude épreuve la résilience financière des États du Golfe. Fitch Ratings a prévenu que les risques de crédit pourraient augmenter si le passage à travers le détroit reste bloqué pendant la majeure partie de l'année 2027. Le Qatar aurait perdu environ 24 milliards de dollars de ventes de gaz au cours de la période de crise, selon Euronews.newarab+1
Reuters Thomson Reuters Corporation a rapporté que la moyenne mobile sur 10 jours des navires transitant par le détroit est tombée à 10 dimanche, contre plus de 15 vendredi, après une nouvelle série de frappes américaines et iraniennes sur le trafic maritime. Les primes de risque de guerre pour les pétroliers de brut ont grimpé d'environ 0,25% de la valeur du navire avant le conflit à une fourchette comprise entre 7,5% et 12,5% en août, rendant de nombreux voyages commercialement inviables.reuters+1
Remplacer les volumes de GNL perdus par d'autres fournisseurs reste très difficile. La plupart des installations de liquéfaction dans le monde fonctionnent déjà à leur capacité maximale ou au-delà, et la construction de nouveaux terminaux d'exportation prendrait des années. La Banque mondiale a noté en juin que la fermeture avait déjà fait grimper son indice des prix du gaz naturel de 24% en un seul mois. Le détroit étant effectivement fermé depuis plus de six mois, la question qui se pose aux marchés mondiaux de l'énergie n'est plus de savoir si la perturbation va redéfinir le commerce du GNL, mais dans quelle mesure cette transformation sera permanente.blogs.worldbank+1