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bloombergbusinesstimes+1axiosAlors que le détroit d'Hormuz reste en grande partie fermé au trafic commercial en raison du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran, les pays d'Asie et du Moyen-Orient accélèrent leurs efforts pour sécuriser des routes d'approvisionnement énergétique alternatives, remodelant ainsi des flux commerciaux mondiaux établis depuis des décennies.
Bloomberg a rapporté jeudi que les principaux acheteurs étatiques chinois de GNL, notamment Sinopec China Petroleum & Chemical Corporation et PetroChina, sont en discussion avec des exportateurs hors du golfe Persique pour signer des contrats de livraison débutant avant 2030, pour des durées d'au moins dix ans. Le Canada figure parmi les sources envisagées, selon des sources proches du dossier.bloomberg+1
Cette offensive commerciale intervient alors que les exportations de GNL du Qatar ont été durement touchées par la crise. Le Qatar a suspendu sa production dans son installation phare après une attaque de drone iranienne début mars, avant de déclarer la force majeure sur ses contrats. Les importations chinoises de GNL en provenance du Qatar, qui représentaient environ 30 % de l'approvisionnement du pays en 2025, se sont effondrées. En avril, les importations chinoises de GNL sont tombées à leur plus bas niveau depuis 2018, selon les données de Kpler citées par Reuters.facebook+3
Par ailleurs, les acheteurs asiatiques s'attendaient à ce que le Qatar lève la force majeure à la mi-juillet, bien que la fermeture prolongée du détroit complique toute reprise des exportations.bloomberg
L'Inde s'est tournée vers des fournisseurs et des itinéraires alternatifs depuis le début de la crise. Reuters a rapporté en mai que les raffineurs indiens avaient augmenté leurs importations en provenance du Venezuela, du Brésil, de l'Angola et du Nigeria en avril et mai pour compenser les perturbations de l'approvisionnement moyen-oriental. En mars, environ 70 % des importations de brut de l'Inde passaient par des voies maritimes alternatives, contre 55 % l'année précédente.openthemagazine+2
Dans le même temps, les producteurs du Golfe investissent massivement dans des infrastructures physiques de contournement. Le nouvel oléoduc des Émirs arabes unis destiné à contourner le détroit est achevé à 50 %, le PDG d'ADNOC, Sultan Al Jaber, ayant déclaré que le projet était accéléré en vue d'un démarrage en 2027. L'Arabie saoudite envisage d'étendre la capacité de son oléoduc de la mer Rouge, tandis que l'Irak avance sur le projet d'oléoduc Bassorah-Haditha de 700 kilomètres reliant la Jordanie, la Syrie et la Turquie.cnbc+2
Goldman Sachs The Goldman Sachs Group, Inc. estime que d'ici la fin de 2027, la capacité des oléoducs existants et planifiés pourrait prémunir plus de 45 % des exportations de pétrole du golfe Persique d'avant-guerre contre de futures perturbations à Hormuz, un chiffre qui grimperait à 60 % d'ici la fin de 2028. Les Émirats arabes unis prévoient également un nouveau port sur la côte de la mer d'Arabie pour gérer les importations sans transiter par le détroit.nypost+1
La crise, qui entre dans son cinquième mois, a déjà amorcé ce que les analystes décrivent comme une réorientation structurelle des flux énergétiques mondiaux, un changement qui pourrait bien survivre au conflit lui-même.