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ctvnews+1npr+1fortune+1Meta Platforms a accepté de verser jusqu'à 17,1 milliards de dollars et de modifier en profondeur Facebook et Instagram pour mettre fin à des poursuites historiques engagées par 47 États américains, le district de Columbia et plusieurs territoires des États-Unis, qui accusaient les plateformes du groupe de nuire aux enfants. Cet accord, annoncé la semaine dernière lors d'un procès en cours à Oakland, en Californie, a désormais des répercussions de l'autre côté de l'Atlantique : les députés européens ont exigé mercredi que Bruxelles contraigne l'entreprise à étendre ces protections aux enfants européens.cp24+2
Selon les termes de l'accord, Meta imposera une limite de temps quotidienne cumulée de deux heures pour les adolescents sur Instagram et Facebook, bloquera l'accès aux fils d'actualité et aux « reels » entre minuit et 6 heures du matin, désactivera les notifications pendant les heures de cours, masquera le nombre de mentions « j'aime » et de réactions, et renforcera les technologies de vérification de l'âge pour empêcher les moins de 13 ans d'accéder à ses plateformes. Les parents pourront modifier certains paramètres par défaut, et les adolescents auront la possibilité de passer à un fil chronologique non algorithmique. Ces changements seront déployés progressivement, une seconde phase prévoyant de durcir le blocage nocturne (de 22 heures à 7 heures) et d'ajouter une limite de 60 minutes par application.techpolicy+2
Entre 12,1 et 12,7 milliards de dollars sont garantis et seront distribués aux États participants sur une période de dix ans. Les quelque 5 milliards restants dépendent de l'adoption par TikTok, YouTube (propriété d'Alphabet ) et Snap de mesures de sécurité comparables et du versement de paiements équivalents. Le procureur général du Connecticut, William Tong, a immédiatement lancé une campagne de pression en déclarant à l'adresse de ces entreprises : « Vous êtes les prochains ».latimes+2
Meta n'a reconnu aucune faute. Son action a progressé de plus de 1 % à la suite de cette annonce, les investisseurs jugeant ce dénouement bien moins coûteux que les quelque 200 milliards de dollars de sanctions civiles initialement réclamés par les États lors du procès.barrons+1
La structure de l'accord a suscité de vives analyses. Dans une tribune publiée mercredi dans le Los Angeles Times, Ian Ayres, professeur de droit à Yale, a comparé la stratégie de Meta à l'arrêt de la Cour suprême de 1965, United Mine Workers v. Pennington, dans lequel de grands producteurs de charbon avaient imposé des règles salariales uniformes pénalisant de manière disproportionnée leurs concurrents plus modestes. Ian Ayres souligne que l'accord exclut les « contenus longs » (les vidéos d'au moins 22 minutes) du plafond d'utilisation quotidienne, une exception qui épargnerait l'activité principale de YouTube tout en ciblant directement le modèle de formats courts de TikTok. Le National Review a qualifié l'accord d'« insatisfaisant », affirmant qu'il ne touche pas au cœur du modèle économique basé sur les algorithmes et s'apparente à une « réglementation par le biais de règlements à l'amiable » plutôt qu'à une législation fédérale durable.nationalreview+1
Mercredi, les eurodéputés ont exigé que la Commission européenne conclue « sans plus tarder » son enquête en cours sur Meta au titre du règlement sur les services numériques (DSA), en prononçant une décision de non-conformité et des sanctions. En juillet, la Commission avait déjà accusé Meta d'enfreindre le DSA en raison de fonctionnalités de conception addictives telles que le défilement infini, la lecture automatique et les recommandations hyper-personnalisées. En avril, elle avait établi que Meta ne parvenait pas à empêcher les moins de 13 ans d'accéder à ses plateformes. L'accord américain a accentué la pression sur Bruxelles, les législateurs faisant valoir que les enfants européens méritent au moins les mêmes protections que celles désormais promises aux adolescents américains.cnbc+5