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ibtimes+1businesstoday+1stcn+1JPMorgan Chase a prévenu que l'inflation alimentaire mondiale pourrait grimper à environ 5 % au premier semestre 2027, soit près du double du taux de 2,8 % enregistré au premier semestre 2026. En cause, les perturbations de l'approvisionnement en engrais transitant par le détroit d'Ormuz, la hausse des coûts de l'énergie et le renforcement d'El Niño qui menacent les rendements agricoles à l'échelle mondiale. Cet avertissement, issu d'un rapport intitulé « Food Security Is National Security: A Compounding Storm » (La sécurité alimentaire est une question de sécurité nationale : une tempête de facteurs cumulés) et dirigé par Nora Szentivanyi, économiste mondiale senior, a fait bondir lundi les actions agricoles de catégorie A en Chine. Des entreprises de semences et de céréales telles que Qiule Seed, Shennong Seed et Jinjian Rice ont atteint leur limite de hausse quotidienne ou enregistré des gains à deux chiffres en séance.ibtimes+2
Le rapport attribue cette pression à un point faible unique : les engrais. Le Moyen-Orient représente environ 42 % des exportations mondiales d'urée et 27 % des exportations d'ammoniac, et les perturbations autour du détroit d'Ormuz depuis le début des frappes américaines et israéliennes sur l'Iran en février 2025 ont étranglé ces flux. Un rapport des Nations unies publié en août a révélé que les volumes d'exportation combinés transitant par le détroit ont chuté de 54 % entre avril 2025 et avril 2026, le gaz naturel liquéfié enregistrant une contraction de 95 %.businesstoday+1
JPMorgan estime que la remise en état des capacités de production d'engrais endommagées pourrait prendre de un à quatre ans, tandis que les réparations des installations de gaz naturel pourraient nécessiter trois à cinq ans. Comme les engrais azotés doivent être appliqués au moment des semis, une pénurie durant cette période réduit les rendements plusieurs mois avant que l'impact ne se fasse sentir dans les rayons, créant ce que la banque décrit comme une réaction en chaîne allant de la guerre aux perturbations énergétiques, pour finir par une hausse des prix alimentaires.ibtimes+1
Le second facteur est météorologique. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) a relevé son niveau d'alerte en émettant un avis de vigilance El Niño en juin, et estime désormais à plus de 90 % la probabilité d'un événement de forte intensité cet automne et cet hiver. Les économistes de JPMorgan évaluent à 81 % la probabilité que l'épisode El Niño actuel se transforme en un « super » événement d'ici la fin de l'année 2026, avec 97 % de chances que ces conditions persistent en 2027.ibtimes+1
À lui seul, un super El Niño pourrait faire grimper l'inflation alimentaire mondiale d'environ 0,7 point de pourcentage, selon la banque. Combiné à la hausse des prix de l'énergie, cet impact pourrait atteindre 1,3 à 1,5 point de pourcentage. JPMorgan a identifié l'Inde, le Brésil et l'Indonésie comme des pays particulièrement exposés en raison de leur dépendance à l'agriculture, de leurs besoins d'importation d'engrais et de leur vulnérabilité aux variations climatiques causées par El Niño.businesstoday+1
Cet avertissement a déclenché lundi une large hausse du secteur agricole en Chine. L'indice thématique lié aux céréales et à la sécurité alimentaire a progressé de plus de 4 % en début de séance, Jinjian Rice atteignant sa limite quotidienne de hausse, tandis que les valeurs de semences comme Qiule Seed et Shennong Seed s'envolaient. Les médias financiers chinois ont directement lié ce mouvement au rapport de JPMorgan et à la probabilité croissante d'un super El Niño.stcn+3
JPMorgan a toutefois souligné qu'il subsiste certains amortisseurs, notamment des stocks mondiaux de céréales adéquats et des réserves de riz relativement saines en Asie. De son côté, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a prévenu qu'une grave crise mondiale des prix alimentaires pourrait survenir d'ici six à douze mois si la route d'Ormuz restait bloquée. L'impact final, selon la banque, dépendra de l'intensité et de la durée d'El Niño, de la reprise de la production d'engrais et de l'évolution du conflit avec l'Iran.fao+2