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reutersreutersreutersL'ambitieux projet de Meta Platforms visant à restructurer ses effectifs autour de l'intelligence artificielle bat de l'aile. Face à la résistance interne, au manque de fiabilité des agents d'IA et à une forte hausse des incidents techniques, l'entreprise a été contrainte de reculer sur plusieurs fronts.
L'initiative interne de l'entreprise, baptisée « Project OT », visait à réduire la taille de certaines équipes jusqu'à 60% en deux vagues, en remplaçant les employés par des agents d'IA. Mais les salariés se sont rebellés, les agents se sont révélés peu performants, et le PDG Mark Zuckerberg a annulé les projets de suppressions de postes supplémentaires quelques heures seulement avant une vague de licenciements majeure en mai, selon Katie Paul, correspondante technologique de Reuters, qui a révélé l'existence de ce plan et partagé de nouveaux détails lors d'une session de questions-réponses sur Reddit mercredi.reuters
Zuckerberg a déclaré aux employés qu'il s'était trompé sur le calendrier, tandis que le directeur de la technologie, Andrew Bosworth, a reconnu dans un fil de discussion interne que l'entreprise avait fait un travail « atroce pour expliquer sa vision » au personnel. Les pannes majeures affectant la fiabilité du site ont augmenté de 40% d'une année sur l'autre. De plus, les incidents causés par l'IA étant « plus étranges et moins prévisibles » que ceux d'origine humaine, les équipes ont mis 70% de temps en plus pour les résoudre.reuters
Zuckerberg a présenté ces licenciements aux salariés comme un arbitrage entre deux centres de coûts : l'infrastructure informatique et le personnel, expliquant que dépenser plus pour l'un laissait moins de ressources pour l'autre. Meta a déjà supprimé environ 8 000 emplois, soit près de 10% de ses effectifs, lors d'une vague de licenciements en mai liée à ses dépenses d'infrastructure d'IA. L'entreprise a revu à la hausse ses prévisions de dépenses d'investissement pour l'année, les situant désormais entre 130 et 145 milliards de dollars, lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre en juillet.benzinga+1
Dans un autre revirement lié, Meta a informé ses employés cette semaine qu'elle n'utiliserait plus les tableaux de bord d'adoption de l'IA ni le décompte des « tokens » (jetons) pour évaluer leur impact, selon une note interne des dirigeants Maher Saba et Santosh Janardhan. Les managers ont plutôt reçu pour consigne d'évaluer « la qualité du travail fourni, la rapidité d'exécution, la complexité des problèmes et l'envergure des tâches prises en charge ».infoworld
Ce changement marque la fin d'une culture où les ingénieurs s'affrontaient dans des classements pour consommer le plus de tokens d'IA possible, une pratique surnommée « tokenmaxxing ». Meta a constaté que cette ludification détournait les employés de leurs tâches habituelles, certains utilisant l'IA pour effectuer des tâches inutiles uniquement pour améliorer leur score. Bosworth avait déjà averti les employés dans une note que « personne ne devrait utiliser des outils d'IA simplement pour le plaisir de les utiliser » et que « la seule consommation de tokens ne mesure en aucun cas l'impact du travail ».infoworld
Reste à savoir si Meta a définitivement abandonné ses projets de réduction d'effectifs ou s'il s'agit d'un simple report. Zuckerberg a affirmé à ses équipes qu'il croyait toujours en la direction prise par l'entreprise et prévoit que les modèles d'IA s'amélioreront suffisamment pour concrétiser sa vision d'ici trois à six mois. Il a toutefois admis que « la trajectoire du développement des agents d'IA au cours des quatre derniers mois au moins ne s'est pas accélérée au rythme attendu ».benzinga+1
Comme l'a souligné Katie Paul lors de sa session de questions-réponses : « Les suppressions de postes n'ont pas été abandonnées par principe. Elles l'ont été parce que la solution de remplacement n'était pas prête ».reuters