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reuters.com.reuters.com+1.reuters.com.La hausse des coûts d'emprunt des États dans la zone euro a fait resurgir le spectre de la crise de la dette souveraine qui avait frappé le bloc il y a 15 ans. Analystes et investisseurs estiment toutefois que les banques sont aujourd'hui bien mieux armées pour absorber le choc, a rapporté Reuters le 21 octobre.investing.com
La crainte porte sur ce que l'on appelle la boucle de rétroaction négative. Dans ce cycle, les pertes sur les obligations d'État fragilisent les banques qui les détiennent, ce qui peut contraindre les États à des plans de sauvetage qui pèsent davantage sur les finances publiques. Les inquiétudes sur la dette souveraine ont fait chuter les actions bancaires européennes de 10 % au cours des six dernières semaines, soit cinq fois plus que le marché global. Les trois plus grandes banques françaises ont reculé de 17 % sur la même période, selon Reuters. La France est au cœur de la tourmente. Ses coûts d'emprunt sont à un plus haut depuis 25 ans, son déficit est important et les sondages à l'approche de l'élection présidentielle de 2027 sont dominés par des candidats d'extrême droite et d'extrême gauche.reuters.com
Les avoirs nets en obligations souveraines des banques de la zone euro ont doublé depuis la crise, atteignant 4300 milliards d'euros fin juin, selon une analyse de Reuters basée sur les données de l'Autorité bancaire européenne. Les coussins de fonds propres ont cependant progressé plus vite, ramenant le ratio des avoirs souverains par rapport aux fonds propres en dessous de 2,5, contre 2,7 en 2013. La dette domestique représentait 41 % des avoirs mi-2026, contre plus de 50 % en 2013. Les banques ont également triplé, à 60 %, la part des obligations comptabilisées au coût historique, ce qui leur permet d'éviter d'enregistrer des pertes lorsque les prix baissent, a constaté Reuters.reuters.com
Aneeka Gupta, stratège chez WisdomTree, estime que l'exposition des grandes banques françaises à la dette nationale représente environ 15 % à 30 % de leurs fonds propres de meilleure qualité. Les banques italiennes dépassaient les 100 % en 2011-2012. Par ailleurs, Reuters Breakingviews a cité des analystes de JPMorgan calculant qu'un élargissement de 100 points de base du spread franco-allemand ne réduirait le ratio de fonds propres durs des banques françaises que de 4 points de base.reuters.com
"Les banques partent d'une meilleure base, mais elles ne sont pas immunisées", souligne Simon Ainsworth, analyste bancaire senior chez Moody's. Les coûts de financement constituent une menace plus directe. Les banques françaises sont les plus gros émetteurs de dette de gros de l'UE, donc des rendements durablement plus élevés augmenteraient leur "coût de l'argent à chaque refinancement, et cela se cumule", explique Aneeka Gupta, selon Reuters.investing.com
La pression s'est accentuée au fil des semaines. Le 7 octobre, l'indice STOXX Europe Banks a chuté de 3,5 % sur fond de craintes de contagion depuis la France, a rapporté Reuters. Cette même semaine, l'écart entre les rendements français et allemands à 10 ans a atteint près de 160 points de base, son plus haut niveau depuis 2012, selon Reuters.reuters.com+1
La Commission européenne prévoit de présenter début 2027 des propositions visant à inciter les banques à diversifier davantage leurs portefeuilles d'obligations souveraines. Christos Megalou, directeur général de Piraeus, s'attend à une plus grande volatilité obligataire mais minimise le risque de crise. "Les régulateurs, les décideurs politiques, mais aussi les banques, disposent de mécanismes éprouvés pour garantir que, très probablement, nous ne connaîtrons pas à nouveau un méga-problème similaire", a-t-il déclaré à Reuters.reuters.com