Newsletter Subscribe
Enter your email address below and subscribe to our newsletter

press.christies+2.press.christies+2.arabnews+2.arabnews+2.arabnews+1.La maison de vente aux enchères Christie's présentera "Marwan : Une âme en exil", une exposition majeure non commerciale présentant plus de 150 œuvres de l'artiste syro-allemand Marwan Kassab-Bachi, dans le cadre de sa troisième exposition annuelle d'art arabe à son siège de Londres, du 16 juillet au 22 août 2025.
Les "paysages faciaux" de Marwan Kassab-Bachi représentent son innovation artistique la plus distinctive – une approche révolutionnaire où les visages humains se transforment en terrains topographiques d'émotion. À partir du milieu des années 1970, Marwan a développé le concept de "Gesichtslandschaft" (paysage facial), un terme inventé par le poète syrien Adonis. Dans ces œuvres, il superposait des couches de peinture à plusieurs reprises, utilisant seulement quatre ou cinq teintes pour évoquer les subtilités de la peau tout en créant des paysages ondulants qui reflètent des états psychologiques plutôt que des apparences physiques.auroraathena+2
Ces portraits transcendent la représentation traditionnelle en brouillant les frontières entre abstraction et figuration. Marwan zoomait souvent sur des angles faciaux spécifiques pour "creuser" les profondeurs émotionnelles, décrivant son processus comme "peindre des âmes". Ses œuvres à l'aquarelle et à l'encre de cette période, telles que "Facial Landscape" (1974 et 1979), utilisent des couleurs plus chaudes comme le violet, le vert et le jaune – rappelant les souvenirs de Damas – avec des techniques distinctives où la peinture donne forme aux visages mais laisse intentionnellement des espaces vides, créant des visages fragmentés qui révèlent des vérités intérieures plutôt que des apparences extérieures. Ce style caractéristique, avec ses paysages déformés "enrichis d'une cacophonie de couleurs", a consolidé la réputation de Marwan en tant qu'artiste qui a défié le portrait conventionnel en exposant la condition humaine à travers une exploration psychologique intense.atassifoundation+2
L'art de Marwan Kassab-Bachi incarne puissamment la psychologie complexe de l'expérience de la diaspora syrienne – une condition marquée par la dislocation, la nostalgie et la quête éternelle d'appartenance. Ses œuvres reflètent ce qu'un écrivain syrien décrit comme "la malédiction de la diaspora : une nostalgie éternelle pour quelque chose que l'on ne peut pas avoir". À travers ses paysages faciaux, Marwan capture la crise d'identité à laquelle sont confrontés les Syriens déplacés qui luttent avec la dualité culturelle et le voyage perpétuel de "l'être" au "néant" puis au "devenir" qui caractérise l'existence diasporique.shabaka+1
Le parcours personnel de l'artiste reflète l'expérience plus large de la diaspora syrienne, qui compte aujourd'hui entre 8 et 13 millions de personnes dans le monde. Comme beaucoup de Syriens à l'étranger qui ont redécouvert les liens familiaux et les souvenirs culturels pendant les périodes d'isolement, l'œuvre de Marwan sert de réservoir de mémoire culturelle – creusant les profondeurs émotionnelles tout en naviguant dans l'espace entre l'héritage syrien et l'influence européenne. Son art manifeste la complexité psychologique décrite par la structure à deux couches de l'identité culturelle de Stuart Hall, où coexistent des éléments essentiels immuables et des aspects fluides et contingents de l'identité, ce qui rend ses peintures particulièrement résonnantes pour comprendre la condition diasporique syrienne qui s'étend désormais sur plusieurs continents, du Brésil à l'Allemagne en passant par l'Australie.theautoethnographer+2
Le langage artistique distinctif de Marwan Kassab-Bachi a émergé à l'intersection de son héritage syrien et de son immersion dans les cercles artistiques allemands. Après avoir déménagé à Berlin à la fin des années 1950, Marwan a été profondément influencé par l'expressionnisme allemand, notamment à travers ses études à la Hochschule für Bildende Künste sous la direction du professeur Hann Trier, où il a découvert des mouvements contemporains comme l'Informel allemand, l'expressionnisme abstrait américain et le tachisme français. Son mentor Trier, profondément influencé par l'impressionnisme et l'expressionnisme européens, s'est avéré très influent au cours des premières années de Marwan en Allemagne.auroraathena+1
Bien que Marwan se soit lié d'amitié avec des néo-expressionnistes allemands d'après-guerre comme Georg Baselitz et Eugen Schönebeck, son travail a développé un caractère unique qui mélangeait des techniques expressionnistes avec son identité syrienne et ses réponses aux luttes politiques arabes. Contrairement à ses contemporains allemands dont l'art reflétait souvent le Weltschmerz d'après-guerre, l'œuvre de Marwan s'inspirait de différentes sources, notamment la poésie soufie arabe. Cette synthèse a créé son style caractéristique de portraits déformés et chargés d'émotion qui faisaient écho aux influences d'Edvard Munch, Emil Nolde, Ernst Ludwig Kirchner et Francis Bacon tout en conservant une voix distinctive qui influencerait profondément les artistes contemporains tant en Europe qu'au Moyen-Orient.atassifoundation+5