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bbc+1finance.yahoo+1cnbc+1Les États-Unis et le Japon ont confirmé la semaine dernière avoir mené une rare intervention coordonnée pour soutenir le yen japonais après sa chute à un plus bas de 40 ans, marquant la première action commune des deux alliés sur le marché des changes depuis 2011. L'opération a ramené le yen de près de 164 pour un dollar à environ 157, et a fait chuter l'indice Bloomberg Dollar Spot à son plus bas niveau en un mois.
La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a annoncé lundi que Tokyo et Washington avaient agi de concert vendredi pour contrer « la volatilité excessive et les mouvements désordonnés » du yen. Cette action fait suite à une intervention unilatérale massive du Japon jeudi, au cours de laquelle Tokyo a dépensé environ 8 450 milliards de yens, soit environ 53 milliards de dollars, pour acheter des yens sur les marchés de New York, selon les données de la Banque du Japon citées par Bloomberg.bbc+2
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a confirmé l'effort coordonné de vendredi, écrivant que « les actions coordonnées de vendredi sur le marché des changes ont contré les mouvements désordonnés du yen » et que le Trésor « n'hésitera pas à participer à d'autres interventions conjointes ». Une photographie de Reuters a capturé une note manuscrite devant Bessent lors d'une réunion du cabinet vendredi, sur laquelle on pouvait lire : « À faire : Acheter du yen japonais (JPY) 5-10 milliards de dollars ».cnbc+3
Cette intervention fait suite à des mois de préparation, selon Reuters, qui rapporte qu'un rare alignement public des intérêts entre Washington et Tokyo sur les taux de change a rendu possible cette action conjointe. Le président Donald Trump a confirmé la participation des États-Unis, la présentant comme un geste de soutien au Japon et à la stabilité économique mondiale.nytimes+2
La faiblesse prolongée du yen s'explique par l'important écart de taux d'intérêt entre les États-Unis et le Japon. Alors que la Banque du Japon maintient son taux directeur à 1 % et que la Réserve fédérale conserve des taux élevés, le yen est resté une devise de financement attractive pour les opérations de portage (carry trade). Les analystes d'ING estiment que cette dépréciation a entraîné une hausse d'environ 30 % sur un an des prix à l'importation au Japon.bloomberglinea
Les stratèges d'UBS Teck Leng Tan et Dominic Schnider ont souligné que « malgré la dernière intervention, le yen reste vulnérable à une nouvelle faiblesse tant que les marchés estiment que la Banque du Japon est toujours à la traîne ». La banque prévoit un dollar à 162 yens en septembre, 160 en décembre et 158 d'ici la mi-2027.bloomberglinea
Le repli du dollar ne s'est pas limité au yen. Les devises d'Amérique latine ont réagi de manière contrastée : le peso chilien, le réal brésilien et le peso mexicain ont progressé, tandis que les pesos colombien et argentin ont reculé. Goldman Sachs a maintenu que le réal brésilien et le peso colombien continuent d'offrir les opportunités de carry trade les plus attrayantes parmi les principales devises des marchés émergents.noticiasdebariloche+1
Les analystes ont toutefois averti que la durabilité de cette intervention dépend moins du volume des achats que des données économiques américaines et de la politique de la Réserve fédérale. Chris Turner et Michiel Tukker, d'ING, ont déclaré que « le succès de ce dernier effort d'intervention dépendra moins de la quantité de yens achetés par les autorités que d'un éventuel ralentissement des données économiques américaines, suffisant pour éviter un nouveau resserrement de la Réserve fédérale ».bloomberglinea