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tradingeconomics+1reuters+1news.futunnLes rendements des obligations d'État à long terme en Europe ont fortement augmenté vendredi, le rendement à 10 ans de la France dépassant les 4 % pour la première fois depuis 2009 et le rendement à 30 ans de l'Allemagne atteignant des niveaux inédits depuis 2011, alors que les investisseurs exigent une meilleure compensation pour les risques budgétaires et l'incertitude persistante liée à l'inflation.
Le rendement de l'obligation d'État française à 10 ans a augmenté d'environ 10 points de base pour atteindre 4,06 % le 14 août, selon Trading Economics, son plus haut niveau depuis les conséquences de la crise financière mondiale. Le rendement du Bund allemand à 30 ans a grimpé d'environ 8 points de base pour atteindre environ 3,72 %, un sommet également inégalé depuis 2011. MarketWatch a rapporté que le rendement du Bund allemand à 30 ans a atteint un plus haut de 14 ans au début des échanges à New York.tradingeconomics+2
Ce mouvement prolonge une tendance qui s'est accélérée fin juillet, lorsqu'une flambée des prix du pétrole vers 100 dollars le baril a ravivé les craintes d'inflation à l'échelle mondiale. The Wall Street Journal News Corp a rapporté le 22 juillet que le rendement du Bund allemand à 10 ans avait déjà touché son plus haut niveau depuis 2011 dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient et de hausse des coûts de l'énergie.wsj
Contrairement aux taux à court terme, qui restent ancrés par les attentes concernant la politique de la Banque centrale européenne, les rendements à long terme sont tirés par un ensemble distinct de forces : des déficits budgétaires élevés, une offre croissante d'obligations souveraines et des primes de terme en hausse.news.futunn
L'Allemagne prévoit d'émettre environ 82 milliards d'euros d'obligations fédérales à 10 ans en 2026, alors que le gouvernement augmente ses dépenses en matière de défense et d'infrastructures. La France fait face à une pression budgétaire encore plus forte, avec des déficits persistants obligeant à un recours continu à l'emprunt à des taux de plus en plus punitifs. Reuters Thomson Reuters Corporation a noté vendredi que les rendements réels à 10 ans britanniques et allemands se négocient près de leurs plus hauts niveaux depuis plus d'une décennie.reuters+1
MoneyWeek a observé que si les rendements des obligations à long terme ont "grimpé" à l'échelle mondiale, les points morts d'inflation aux États-Unis — le marché le plus profond — restent modérés autour de 2,4 % pour les obligations à 20 ans, ce qui suggère que la vente est davantage motivée par des préoccupations liées à l'offre et à la prime de terme que par des attentes d'une inflation structurellement plus élevée.moneyweek
L'écart grandissant entre les rendements français et allemands — le taux à 10 ans de la France étant désormais environ 80 points de base au-dessus de celui de l'Allemagne — souligne la différenciation par le marché du risque budgétaire entre les membres de la zone euro. Pour la BCE, la hausse rapide des rendements à long terme complique un environnement politique déjà délicat, alors que les décideurs doivent équilibrer le ralentissement de la croissance face aux risques d'inflation liés à l'énergie.news.futunn
Le franchissement du seuil des 4 % par les rendements français n'est "pas une fluctuation isolée du marché, mais plutôt une extension supplémentaire de la tendance haussière soutenue des rendements à long terme sur le marché obligataire européen", selon une analyse publiée vendredi par Futunn. Si les rendements continuent de grimper, les effets pourraient se propager au-delà du financement public aux obligations d'entreprises, aux prêts immobiliers et aux coûts de financement bancaire dans toute la zone euro.news.futunn