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nytimes+1acleddata+1nytimes+1Après des semaines d'escalade des attaques de la milice houthie du Yémen contre des navires, des installations pétrolières et des aéroports saoudiens, l'Arabie saoudite semble se préparer à une nouvelle campagne militaire contre le groupe, selon des analystes et des responsables régionaux, ce qui pourrait ouvrir un nouveau front dans le conflit plus large entre les États-Unis et l'Iran qui secoue le Moyen-Orient.
Les Houthis ont déclaré un blocus maritime sur les navires liés à l'Arabie saoudite le 20 juillet et ont depuis mené au moins 16 attaques contre des actifs saoudiens, dont sept installations pétrolières et six pétroliers, selon le groupe de suivi des conflits ACLED. En début de semaine, le groupe a revendiqué une frappe de missile balistique contre le pétrolier saoudien « Amzan » au large de la ville portuaire de Yanbu, le porte-parole militaire Yahya Saree promettant de répondre à toute escalade saoudienne par des « frappes plus fortes et plus sévères ».nytimes+2
L'Arabie saoudite a d'abord privilégié la voie diplomatique, menant des discussions avec les Houthis via des médiateurs omanais début août tout en effectuant des frappes aériennes limitées sur des positions houthies fin juillet, selon Bloomberg. Mais ces canaux semblent s'être effondrés. « Je ne vois pas d'issue politique à ce stade », a déclaré Mohammed al-Basha, analyste politique spécialiste du Yémen basé à Washington. « La guerre approche ».japantimes+1
La menace houthie a contraint Saudi Aramco à revoir sa logistique d'exportation pour la deuxième fois depuis le début de la guerre avec l'Iran. Le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb étant de fait fermés aux pétroliers saoudiens, le royaume achemine désormais son brut vers le nord par la mer Rouge jusqu'au pipeline Sumed en Égypte, qui transporte le pétrole vers la Méditerranée. Plus de 1,9 million de barils par jour ont transité par le pipeline Sumed en août, contre moins de 650 000 barils par jour en juin, selon les données de Kpler. Les pétroliers saoudiens ont également commencé à désactiver leurs signaux de localisation pour éviter d'être ciblés par les Houthis, a rapporté Reuters.dtnext+2
Ces détours ajoutent au moins 5 dollars par baril aux coûts et deux à quatre semaines de transport supplémentaires pour les acheteurs asiatiques. « Même le plus grand exportateur de pétrole au monde ne peut pas échapper totalement aux conséquences de la menace simultanée sur plusieurs points de passage maritimes stratégiques », a déclaré Neil Quilliam, spécialiste des États du Golfe à Chatham House.dtnext
Peu d'analystes croient en une solution réaliste pour éradiquer complètement les Houthis. La dernière campagne de bombardements de l'Arabie saoudite contre le groupe, lancée en 2015, s'est transformée en un bourbier d'une décennie qui a enraciné le pouvoir houthi dans le nord du Yémen et causé des centaines de milliers de morts yéménites. Les analystes estiment plutôt que Riyad pourrait chercher à affaiblir le groupe afin de le contraindre à négocier sur la guerre civile yéménite à des conditions plus favorables au royaume. Le Soufan Center a averti le 20 août que le Yémen se rapprochait d'une « guerre totale », alimentée par les griefs non résolus du conflit précédent et le soutien de l'Iran aux Houthis dans le cadre de sa propre confrontation avec les États-Unis et Israël.thesoufancenter+1