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phys+1phys+1eurekalertLa hausse des températures mondiales transforme les forêts, les zones humides et la toundra gelée de la Terre, les faisant passer de puits de carbone à sources de carbone. Une étude publiée jeudi dans Environmental Research Letters révèle que ces boucles de rétroaction négligées pourraient amplifier le réchauffement bien plus que ne le prédisent les modèles climatiques actuels.phys+1
L'article, intitulé "Projected Amplification of Global Warming by Warming-Induced Greenhouse Gas Emissions", représente l'effort le plus important à ce jour pour quantifier l'impact combiné de quatre sources majeures de rétroaction : le dégel du pergélisol, les incendies de forêt, les zones humides et les eaux intérieures. Des chercheurs de l'Université de Stanford, de Spark Climate Solutions, de l'Environmental Defense Fund et du Woodwell Climate Research Center ont découvert que ces émissions induites par le réchauffement pourraient amplifier le réchauffement anthropique après 2020 de 20 % à 30 %, ajoutant un réchauffement estimé entre 0,2°C et 0,4°C d'ici 2100.eurekalert+1
Même dans un scénario où l'humanité atteindrait la neutralité carbone, ces rétroactions pourraient encore contribuer à environ 0,2°C de réchauffement d'ici la fin du siècle. Dans une trajectoire d'émissions plus élevées, ce réchauffement supplémentaire grimpe à environ 0,4°C.phys+1
"Ce qui nous a surpris, c'est l'ampleur de la rétroaction", a déclaré l'auteur principal Sam Abernethy, chercheur chez Spark Climate Solutions. "Ce multiplicateur caché est absent des modèles qui guident la politique climatique. Par conséquent, ces modèles sous-estiment probablement le réchauffement à venir et surestiment la quantité de carbone que nous pouvons encore nous permettre d'émettre."eurekalert+1
Le dégel du pergélisol représente à lui seul la moitié des émissions anticipées induites par le réchauffement, selon la co-auteure Christina Schädel du Woodwell Climate Research Center. À mesure que les températures grimpent, l'ancienne matière organique gelée se décompose, libérant du dioxyde de carbone et du méthane. Le réchauffement des zones humides et des lacs ajoute davantage de méthane, tandis que des conditions plus sèches alimentent des incendies de forêt plus vastes qui brûlent le carbone stocké dans les forêts.phys+1
Ces processus sont largement absents des modèles du système terrestre utilisés pour guider la politique climatique internationale, y compris les évaluations du IPCC. L'étude arrive quelques semaines après qu'un rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement a conclu que le dépassement du seuil de réchauffement de 1,5°C est désormais "inévitable" d'ici la fin de la décennie.eurekalert+1
Les chercheurs notent que cette boucle de rétroaction n'est pas une fatalité : comme les émissions induites par le réchauffement augmentent avec le réchauffement d'origine humaine, la réduction des émissions de combustibles fossiles diminue directement la gravité de ces rétroactions.eurekalert+1
"Ces résultats sont un signal d'alarme, et il est impératif qu'ils soient intégrés dans la prochaine génération de politiques climatiques", a déclaré le co-auteur Robert Jackson, professeur à l'Université de Stanford et président du Global Carbon Project. "Ne pas le faire rendra l'atteinte des objectifs climatiques mondiaux de moins en moins probable."phys+1