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arkeonews.arkeonews+1.arkeonews+1.arkeonews+1.arkeonews+1.Les défenseurs du patrimoine et les archéologues expriment leurs vives inquiétudes face au développement continu qui menace le site archéologique de Santa Verna à Gozo, à Malte — un complexe de temples mégalithiques vieux de 7 000 ans, témoignant d'une occupation humaine remontant à 5000 av. J.-C., qui offre des informations inestimables sur la vie néolithique méditerranéenne et l'architecture des temples.
Santa Verna représente un exemple classique de l'architecture des temples mégalithiques de Malte, avec un plan à cinq absides orienté vers le sud-est, identique à celui de son voisin plus célèbre, Ġgantija. Construit à l'origine sur un établissement antérieur datant de la phase Għar Dalam (5000 av. J.-C.), le temple a subi plusieurs modifications tout au long de sa longue histoire. Le site suit le modèle architectural distinctif observé dans les temples préhistoriques de Malte : un avant-cour menant à des entrées trilithiques (portes formées par deux pierres verticales supportant un linteau horizontal), des passages pavés de pierre et des chambres en forme de D ou "absides" disposées en trèfle.arkeonews+2
Les fouilles menées entre 1987 et 2015 ont révélé des éléments structurels remarquables, notamment des sols en béton de chaux, des pavages polygonaux en calcaire globigérine et le banc de pierre caractéristique qui longe les blocs mégalithiques — une caractéristique partagée avec des sites mondialement connus comme Ħaġar Qim et Mnajdra. Bien que seuls des fragments soient visibles aujourd'hui, les preuves archéologiques confirment l'importance originelle de Santa Verna parmi les complexes de temples de Malte. Les techniques de construction du site reflètent l'ingénierie sophistiquée présente dans ces monuments protégés par l'UNESCO, où d'énormes orthostates (dalles verticales) étaient disposés en alternant face vers l'extérieur et bord vers l'extérieur pour créer des murs structurellement solides, probablement surmontés de toits en encorbellement.wikipedia+2
Le projet FRAGSUS (Fragilité et durabilité dans les environnements insulaires restreints) a mené des fouilles approfondies à Santa Verna en 2015 dans le cadre d'une initiative de recherche quinquennale complète examinant la durabilité préhistorique et les changements culturels de Malte. Dirigée par la professeure Caroline Malone de l'Université Queen's de Belfast, l'équipe internationale a rouvert des tranchées creusées à l'origine en 1911 et 1961 tout en établissant des zones de fouilles supplémentaires pour étudier les anomalies géologiques identifiées lors des levés précédents. Ces fouilles ont permis de recueillir un riche matériel archéologique, notamment des céramiques, des ossements d'animaux et des échantillons environnementaux qui ont révolutionné notre compréhension de la chronologie préhistorique de Malte.cordis.europa+1
Les conclusions du projet ont révélé que l'établissement humain à Malte a commencé environ 700 ans plus tôt qu'on ne le pensait, les îles ayant connu de multiples épisodes de colonisation potentiellement séparés par des intervalles allant jusqu'à 1 000 ans. Les travaux archéologiques à Santa Verna ont contribué aux découvertes plus larges de FRAGSUS sur la façon dont les premières populations maltaises se sont adaptées à leur environnement, ont géré les ressources et ont finalement construit une civilisation sophistiquée qui a érigé des temples mégalithiques extraordinaires vers 3000 av. J.-C. Grâce à des méthodes interdisciplinaires combinant archéologie, anthropologie, reconstruction environnementale et techniques de datation avancées, le projet a radicalement changé notre compréhension de la préhistoire de la Méditerranée centrale tout en soulignant la vulnérabilité du patrimoine archéologique de Malte.arch.cam+2
Le statut de conservation précaire de Santa Verna sert d'avertissement sévère concernant les échecs de la protection du patrimoine. Rivalisant autrefois avec des temples majeurs comme Ġgantija, Tarxien et Ħaġar Qim, ce site mégalithique important se présente désormais comme "un rappel brutal de ce qui peut arriver à un site monumental unique lorsqu'il n'est ni protégé ni valorisé". Des ONG environnementales comme Flimkien Għall-Ambjent Aħjar (FAA) ont récemment lancé des appels urgents pour arrêter les projets de construction empiétant sur ce trésor archéologique inestimable, le décrivant comme étant "sous l'assaut d'un développement incessant".battistinigozo+2
Malgré son importance archéologique — contenant des preuves couvrant toutes les phases de la préhistoire maltaise depuis la phase la plus ancienne de Għar Dalam (5200-4500 av. J.-C.) — Santa Verna reste mal préservé par rapport à d'autres sites mégalithiques des îles. Aujourd'hui, les visiteurs ne peuvent voir que des fragments de son ancienne grandeur : trois mégalithes verticaux, trois blocs horizontaux formant un banc bas le long de leur côté est, et des traces de structures supplémentaires qui suggèrent son agencement autrefois étendu. Cette vulnérabilité souligne la tension constante entre les pressions du développement et la préservation du patrimoine culturel sur les petites mais archéologiquement riches îles maltaises.timesofmalta+1