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euractiveuractivstreamlinefeedLa hausse des coûts d'emprunt public en Europe compromet le plan de la Commission européenne visant à offrir aux États membres une marge de manœuvre budgétaire pour investir dans l'indépendance énergétique. Plus de trois mois après la proposition de Bruxelles, seuls l'Italie et la Grèce ont sollicité ces règles budgétaires assouplies.
En juin, la Commission a proposé d'autoriser les pays à dépenser jusqu'à 0,3% du PIB par an jusqu'en 2028 pour réduire leur dépendance aux combustibles fossiles sans enfreindre les limites budgétaires de l'UE, une extension de la clause d'exception nationale créée à l'origine pour les dépenses de défense. Cependant, la crainte de sanctions des marchés obligataires a dissuadé la plupart des capitales de saisir cette opportunité, alors même que la guerre en Iran fait grimper les prix de l'énergie et que le brut Brent s'échange au-dessus de 108 dollars le baril.euractiv+2
Les responsables de l'UE s'attendent à ce qu'au plus une poignée de pays supplémentaires, principalement d'Europe du Sud, demandent cette flexibilité dans les semaines à venir. Cette réticence contraste fortement avec l'année dernière, lorsque 18 des 27 États membres du bloc avaient activé la clause d'exception pour augmenter les dépenses de défense jusqu'à 1,5% du PIB.euractiv
"Les capitales de l'UE craignent énormément d'être sanctionnées par le marché, surtout si tous les pays ne choisissent pas d'activer la clause en même temps", a déclaré à Euractiv Mujtaba Rahman, directeur général pour l'Europe chez Eurasia Group. Sander Tordoir, économiste en chef au Centre for European Reform, a ajouté que "le marché obligataire, plutôt que les règles budgétaires de l'UE, est la préoccupation première" de la plupart des gouvernements.euractiv
Le rendement de l'obligation française à 10 ans a grimpé à environ 4,5%, son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008. Les rendements des obligations britanniques à 10 ans s'établissaient à 5,35% au 11 septembre, tandis que ceux des obligations à 30 ans ont bondi à environ 5,95%, des niveaux jamais vus depuis 1998.cryptobriefing+3
Illustration frappante de l'évolution des perceptions du risque, la Grèce emprunte désormais à des taux plus bas que la France sur plusieurs échéances. Les obligations grecques à 10 ans offrent un rendement d'environ 3,1%, bien en dessous des 4,5% de la France. Les analystes attribuent cet écart à la discipline budgétaire de la Grèce, dont le ratio dette/PIB suit une trajectoire descendante marquée, tandis que la France est aux prises avec une fragmentation politique et des déficits persistants.streamlinefeed+3
La Grèce a déjà couvert 95% de ses besoins d'emprunt pour l'année, ce qui la protège des turbulences actuelles du marché, selon Ekathimerini. La France, en revanche, doit continuellement refinancer sa dette massive sur des marchés volatils.ekathimerini
Certaines capitales de l'UE, en particulier dans le nord du bloc, fiscalement conservateur, ont discrètement salué la réticence à invoquer la clause d'exception. "Nous craignons qu'une trop grande flexibilité n'affecte négativement la viabilité de la dette publique dans d'autres pays de l'UE", a déclaré un diplomate européen à Euractiv. "Nous devrions nous réjouir que peu de pays aient pris ce train en marche".euractiv
La Commission a maintenu que la décision appartenait à chaque État membre, notant que certains gouvernements pourraient financer des mesures énergétiques dans le cadre de leurs budgets existants. Mais avec des coûts d'emprunt à des sommets pluriannuels et une guerre en Iran qui ne montre aucun signe d'essoufflement, le fossé entre les ambitions de Bruxelles et les réalités budgétaires nationales continue de se creuser.euractiv