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reutersecb.europa+1reuters+1Les rendements des obligations d'État allemandes à deux ans ont grimpé lundi à leur plus haut niveau depuis deux ans, alors que le baril de Brent a franchi la barre des 90 dollars. Cette hausse, alimentée par l'escalade des hostilités entre les États-Unis et l'Iran au Moyen-Orient, renforce les attentes du marché quant à une nouvelle hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne d'ici le début de l'année 2027.
Le baril de Brent a bondi d'environ 3% lundi pour dépasser les 90 dollars, son plus haut niveau depuis le 11 juin, après que les États-Unis et l'Iran ont intensifié leurs frappes militaires au Moyen-Orient, perturbant les livraisons d'énergie transitant par le détroit d'Ormuz, selon Reuters. Ce mouvement prolonge une hausse de 15,9% la semaine précédente, soit la plus forte progression hebdomadaire depuis avril.reuters
Le New York Times a rapporté que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz avait fortement diminué, tandis que les infrastructures énergétiques régionales étaient à nouveau prises pour cibles. Ce rebond du pétrole marque un revirement spectaculaire par rapport au début du mois de juillet, lorsque le Brent était tombé à 70,65 dollars à la suite d'un cessez-le-feu de courte durée entre les États-Unis et l'Iran.indexbox+1
Le rendement allemand à deux ans, particulièrement sensible aux attentes de politique monétaire, a progressé à 2,77% selon les données de CEIC, après avoir grimpé régulièrement depuis les 2,75% du 16 juillet. Le rendement du Bund à 10 ans a quant à lui augmenté à 3,15%, prolongeant une hausse de 28 points de base en juillet.tradingeconomics+2
La vente massive d'obligations reflète les paris croissants selon lesquels la BCE, qui a relevé son taux de dépôt de 25 points de base à 2,25% en juin, va encore durcir sa politique. Les marchés intègrent désormais deux hausses de taux supplémentaires d'ici le printemps prochain, une hausse en septembre étant entièrement anticipée.ecb.europa+1
Toutefois, la BCE devrait largement maintenir ses taux inchangés lors de sa réunion des 22 et 23 juillet. CNBC a rapporté la semaine dernière que la hausse des prix du pétrole avait remis en question la politique monétaire à l'approche de cette réunion, bien que les investisseurs aient largement écarté l'éventualité d'une hausse en juillet.reuters+1
Un rapport de Reuters de la fin juin soulignait que le repli étonnamment rapide des cours du pétrole à l'époque avait atténué l'urgence pour la BCE d'agir en juillet, les décideurs privilégiant une intervention en septembre. La nouvelle flambée du brut complique ce calcul, bien que plusieurs responsables de la BCE aient indiqué qu'ils ne voyaient pas encore de signes clairs d'effets de second tour sur l'inflation.tradingview+1
Les projections de base de la BCE en juin tablaient sur des prix du pétrole restant supérieurs aux niveaux actuels, et la banque centrale prévoyait une inflation globale moyenne de 3,0% en 2026 et de 2,3% en 2027. Malgré ce nouveau choc pétrolier, certains économistes appellent à la prudence. Les membres du conseil des gouverneurs de la BCE Piero Cipollone et Martin Kocher ont tous deux suggéré qu'ils ne constataient pour l'instant que des répercussions inflationnistes globales limitées.ecb.europa+1
Plus tôt cette année, le FMI a déclaré qu'il s'attendait à ce que la BCE relève ses taux d'environ 50 points de base au total en 2026 pour maintenir une politique neutre, avant d'envisager d'éventuelles baisses en 2027.reuters