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arxivsciencealert+1uaUne équipe internationale d'astronomes a rapporté la première détection d'eau semi-lourde dans l'atmosphère d'une exoplanète, en utilisant le télescope spatial James Webb pour analyser la Jupiter chaude WASP-39b, située à environ 700 années-lumière de la Terre. Cette découverte, publiée le 21 juillet sur le serveur de prépublication arXiv, ouvre une nouvelle voie pour étudier la formation des planètes lointaines et déterminer si des mondes rocheux plus petits pourraient un jour révéler des signes d'habitabilité.arxiv+1
L'eau semi-lourde, ou HDO, se distingue de l'eau ordinaire par le remplacement d'un atome d'hydrogène par du deutérium, un isotope plus lourd doté d'un neutron supplémentaire. Le rapport entre le deutérium et l'hydrogène dans l'eau d'une planète agit comme une empreinte chimique, conservant des informations sur le lieu et le mode de formation de la planète.astrobiology+1
Les chercheurs ont combiné les données des quatre instruments principaux du JWST, NIRISS, NIRCam, NIRSpec et MIRI, produisant ce qu'ils décrivent comme « le spectre de transmission le plus détaillé à ce jour pour une exoplanète ». La détection a atteint un niveau de confiance statistique de 4,81 sigma. L'équipe a mesuré un rapport D/H d'environ 4,0 × 10⁻³, dépassant de loin les valeurs observées pour les géantes gazeuses de notre propre système solaire.ua+3
Deux explications principales se dégagent. WASP-39b est un monde brûlant dont la température atmosphérique avoisine les 1 000 degrés Celsius, avec une gravité relativement faible. Dans ces conditions, l'hydrogène plus léger s'échappe plus facilement dans l'espace que le deutérium plus lourd, ce qui déséquilibre progressivement le rapport au fil du temps.ua+1
D'autre part, la planète pourrait s'être formée loin de son étoile, au-delà de la « ligne de neige », où des glaces riches en deutérium se sont accumulées dans le disque protoplanétaire. Elle aurait ensuite pu migrer vers l'intérieur tout en conservant cette signature chimique. « Les observations de glaces proto-stellaires de cette région montrent un degré d'enrichissement en deutérium cohérent avec le rapport D/H déduit pour WASP-39 b », ont écrit les chercheurs, ajoutant qu'une modélisation chimique détaillée reste nécessaire pour confirmer ce scénario.sciencealert+1
WASP-39b elle-même est inhabitable : c'est une géante gazeuse soumise à une chaleur extrême et dépourvue de surface solide. Mais la méthode validée ici pourrait à terme s'appliquer à des exoplanètes rocheuses et tempérées plus petites. « Le HDO reste actuellement le traceur le plus accessible en raison de ses caractéristiques spectrales distinctes, et sa détection pourrait même être possible sur des exoplanètes rocheuses tempérées dans un avenir proche, où il pourrait servir d'indicateur potentiel d'habitabilité », ont conclu les auteurs.sciencealert+1