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bloomberggloballnghub+1marinelink+1La chaleur extrême resserre son emprise sur le nord de l'Asie au moment même où les perturbations géopolitiques étranglent le cordon ombilical du gaz naturel liquéfié de la région, créant ce que les analystes énergétiques qualifient de convergence estivale dangereuse pour les économies importatrices de combustibles.
Bloomberg a rapporté le 24 juillet que des températures supérieures à la normale s'apprêtent à s'installer de nouveau dans le nord de l'Asie la semaine prochaine, le Japon s'attendant au retour d'une chaleur généralisée dès le milieu de semaine après un bref répit ce week-end. Le Japon a déjà enduré des températures proches ou supérieures à 40 °C dans plusieurs régions ce mois-ci, incitant l'Agence météorologique du Japon à déployer sa nouvelle désignation de "kokusho-bi" (journée de forte chaleur) pour les jours atteignant ce seuil. Rien que le 14 juillet, des alertes aux coups de chaleur ont été émises dans 17 préfectures, avec un record de 167 localités connaissant des "journées extrêmement chaudes".youtube+2
La Corée du Sud a activé pour la première fois cette année son niveau d'alerte canicule le plus élevé après que les températures ressenties dans les villes du sud-est ont dépassé les prévisions de 38 °C, tandis que 535 personnes souffrent déjà de problèmes de santé liés à la chaleur. En China, la demande d'électricité a battu des records à plusieurs reprises l'été dernier lorsque le réseau national a dépassé les 1,5 milliard de kilowatts, et les conditions de cette année suivent une trajectoire similaire, Reuters ayant rapporté en mai que les températures en Chine, au Japon, en Corée du Sud et en Asie du Sud-Est avaient grimpé au-dessus des moyennes historiques des semaines avant le pic habituel.reuters+1
La hausse de la demande de climatisation liée à la chaleur se heurte à un marché du GNL sous contrainte. Le conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran a pratiquement interrompu la plupart des flux énergétiques à travers le détroit d'Ormuz, le point d'étranglement des exportations qatariennes et émiraties qui représentent ensemble une grande part de l'approvisionnement mondial en GNL. Selon Global LNG Hub, le conflit a entraîné une perte cumulée de 120 milliards de mètres cubes de GNL sur la période 2026-2030, les dommages causés aux infrastructures qatariennes nécessitant des années de réparations.globallnghub+1
Les prix spot du GNL en Asie ont reflété ces tensions. Début juin, les prix pour une livraison dans le nord-est de l'Asie ont grimé à 19,15 dollars par million d'unités thermiques britanniques, soit leur plus haut niveau depuis fin mars, contre des attentes d'avant-crise avoisinant les 10 dollars par MMBtu pour 2026. Les analystes de Kpler estiment les prix spot estivaux moyens autour de 17 dollars par MMBtu, soit plus de 5 dollars de plus que l'été 2025. S&P Global a noté dans un podcast du 19 juillet que les marchés asiatiques du GNL font face à une "pression renouvelée" en raison de l'impact du conflit sur la sécurité des approvisionnements et le transport maritime dans le détroit d'Ormuz.spglobal+2
Le Japon, deuxième importateur mondial de GNL, avait déjà renforcé son programme de réserves stratégiques de GNL au début de l'année 2026, augmentant ses achats de réserves d'urgence à au moins 12 cargaisons par an (environ 840 000 tonnes), contre 210 000 tonnes les années précédentes. JERA, le plus grand producteur d'électricité du Japon, gère ces réserves et a reçu en juin sa première cargaison en provenance du projet Barossa en Australie afin de diversifier ses sources d'approvisionnement.reuters+1
Les acheteurs asiatiques et européens font désormais pression sur le Qatar et les Émirats arabes unis pour obtenir des prix plus bas et des garanties de cargaisons de remplacement en cas de perturbation des livraisons par Ormuz, selon Reuters. The Oregon Group, un cabinet de recherche sur l'énergie, a prévenu le 14 juillet que le conflit a repoussé à 2028 l'excédent attendu sur le marché du GNL, laissant les économies asiatiques exposées à des coûts énergétiques élevés tout au long de ce qui s'annonce, selon les prévisionnistes, comme un nouvel été éprouvant.theoregongroup+1