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streamlinefeednews.cgtnsciencearena+1Le Super El Niño de 2026 resserre son emprise sur les régions tropicales, poussant les gouvernements, les organisations humanitaires et les entreprises, de l'Afrique de l'Est à l'Amérique latine en passant par l'Asie du Sud-Est, à intensifier leurs préparatifs face à ce que les prévisionnistes annoncent comme l'un des épisodes les plus intenses depuis 1950.
L'Organisation météorologique mondiale a averti en mai d'une probabilité de 80 % qu'El Niño se développe entre juin et août 2026, avec une chance de 90 % ou plus que le phénomène persiste au moins jusqu'en novembre. La NOAA estime désormais à 81 % la probabilité que l'événement atteigne la catégorie « très forte » entre octobre et décembre, les anomalies de température à la surface de la mer dans la région Niño 3.4 étant passées de +0,4 °C en mai à +1,2 °C en juillet. Les agences météorologiques brésiliennes prévoient quant à elles une probabilité supérieure à 95 % qu'il se poursuive jusqu'au début de l'année 2027.i4sea+2
En Somalie, l'Organisation internationale pour les migrations prépositionne du matériel d'abri d'urgence et des bâches en plastique à travers le pays en prévision des graves inondations attendues. Cette nation de la Corne de l'Afrique, dévastée par des inondations liées à El Niño en 2023, redoute de nouvelles précipitations diluviennes à mesure que le phénomène se renforce.phys+1
Dans la province indonésienne de Riau, la plus grande région productrice d'huile de palme du pays, les petits exploitants signalent des baisses de production de 50 à 70 % en raison de précipitations inférieures à la moyenne qui assèchent leurs plantations. L'Indonésie produit environ 57 % de l'huile de palme mondiale, mais sa production devrait chuter de près de 2 millions de tonnes cette année sous l'effet conjugué d'El Niño et de la hausse du coût des engrais. Les répercussions se font sentir à l'échelle mondiale, affectant l'approvisionnement et les prix pour des centaines de millions de consommateurs qui dépendent de cette matière première pour l'huile de cuisson, le savon et les produits alimentaires transformés.news.cgtn
Au Brésil, le Super El Niño bouscule déjà les prévisions économiques. Le ministère des Finances a revu à la hausse sa projection d'inflation pour 2026 à 5,1 %, soit au-dessus du plafond cible de 4,5 %, tandis que la Banque centrale estime qu'El Niño ajoutera 0,3 point de pourcentage aux prix à la consommation cette année. Le marché de l'assurance agricole du pays s'est effondré, passant de 82 000 polices en 2021 à seulement 26 000 en 2025, ce qui fragilise la capacité du secteur agricole à absorber les chocs climatiques. Parallèlement, les fabricants de climatiseurs anticipent une hausse potentielle de la demande en raison des températures plus élevées, bien que les taux d'intérêt élevés et l'inflation persistante risquent de limiter toute reprise.i4sea
Malgré ces perturbations locales, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a souligné mercredi que la production agricole mondiale a systématiquement dépassé la consommation au cours des quatre dernières décennies, générant des stocks quasi records qui servent de tampon. « La technologie et les stocks nous ont fait gagner du temps », a déclaré un directeur de la FAO. « Mais l'agriculture reste une négociation avec la nature, et la dette climatique accumulée par des événements météorologiques extrêmes consécutifs finira par devoir être payée. »streamlinefeed