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intellinewsintellinewsintellinewsLes réserves de gaz européennes se remplissent à l'un des rythmes les plus lents observés depuis 15 ans. Début août, les niveaux s'établissaient à environ 58% de la capacité totale, soit près de 15 points de pourcentage en dessous de la moyenne habituelle à cette période de l'été, selon les données de Gas Infrastructure Europe. Ce retard ne laisse virtuellement aucune chance au bloc d'atteindre son objectif obligatoire de 90% de remplissage d'ici novembre si les tendances actuelles se maintiennent, avertissent les analystes, alors même que les importations de GNL russe par l'UE continuent de progresser.intellinews
Une analyse d'IntelliNews, basée sur un modèle de référence saisonnier élaboré à partir de 15 ans d'historique de stockage, montre l'émergence d'une Europe à deux vitesses. La Pologne et la Hongrie se situent à des niveaux égaux ou supérieurs à la normale, tandis que l'Italie reste dans les variations habituelles. En revanche, l'Allemagne et les Pays-Bas enregistrent un net déficit. Le niveau de stockage de l'Allemagne n'était que de 47,6% le 5 août, contre une norme saisonnière de 75,1%, un écart de 27,5 points qui constitue le plus grand déficit individuel du stockage européen. Les Pays-Bas affichent des résultats encore plus préoccupants en pourcentage, avec 38,5% contre une référence de 77%.intellinews
L'Oxford Institute for Energy Studies a projeté fin juillet que si les injections se poursuivent aux rythmes récents, les stocks de l'UE au 1er novembre pourraient n'atteindre qu'environ 67% de la capacité, le niveau le plus bas pour un début d'hiver depuis 2013. Reuters Thomson Reuters Corporation a rapporté le 6 août que ces stocks historiquement bas exposent l'Europe à un risque de nouvelles flambées de prix. Le New York Times a souligné que les réserves atteignaient leur deuxième niveau estival le plus bas depuis 2011, le conflit dans le détroit d'Ormuz compliquant les efforts de réapprovisionnement.oxfordenergy+2
Cette tension sur l'approvisionnement survient dans un contexte de contradiction grandissante. Les importations européennes de GNL russe ont augmenté de 14% en juin par rapport au même mois de l'année précédente, selon le Centre for Research on Energy and Clean Air, qui a rapporté que les revenus russes issus de ces ventes s'élevaient à environ 60 millions d'euros par jour. La France a été le principal acheteur, son port de Montoir ayant reçu des volumes plus de quatre fois supérieurs à ceux de mai. L'usine russe Yamal LNG a expédié près de 10 millions de tonnes vers l'UE au premier semestre 2026, soit une hausse d'environ 18% sur un an.urdupoint+2
Cette hausse persiste alors même que Bruxelles a officiellement acté la sortie progressive du gaz russe. Conformément au règlement finalisé en janvier 2026, les importations spot de GNL russe ont été interdites, les contrats de GNL à court terme ont été proscrits dès le 25 avril, et les contrats de GNL à long terme restants doivent être interdits à partir du 1er janvier 2027. Les importations de gaz par gazoduc dans le cadre de contrats à court terme ont été interdites le 17 juin 2026.spglobal
L'UE a reconnu la difficulté. Le Conseil européen a proposé d'assouplir l'objectif contraignant de remplissage de 90%, permettant aux États membres de l'atteindre à tout moment entre le 1er octobre et le 1er décembre au lieu de l'échéance actuelle du 1er novembre, et autorisant des niveaux descendus jusqu'à 80% en cas de conditions de marché défavorables. Malgré cela, le modèle d'IntelliNews révèle qu'aucun des 13 scénarios historiques de remplissage appliqués au point de départ de cette année ne permettrait d'atteindre 90% à l'échelle européenne d'ici novembre, les prévisions s'échelonnant entre 66,5% et 82,1%.europarl.europa+1
La principale variable reste la météo. Un automne doux pourrait permettre à l'UE de se maintenir autour de 75%; une vague de froid précoce ou une nouvelle rupture d'approvisionnement dans le détroit d'Ormuz pourrait faire basculer l'Allemagne et les Pays-Bas d'une situation qualifiée de "problématique" par les analystes vers une crise ouverte avant même le début de l'hiver.intellinews+1