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reutersrigzoneoilpriceDe hauts dirigeants de Shell et d'Equinor ont averti mercredi que la capacité du marché mondial de l'énergie à absorber les perturbations de l'offre en provenance du Moyen-Orient s'érode rapidement, soulevant la perspective de nouvelles flambées des prix et d'une période prolongée de pénurie qui pourrait durer jusqu'en 2027.
S'exprimant lors d'une conférence industrielle à Oslo, Adam Ritchie, économiste en chef chez Shell Trading, a déclaré que le monde a perdu environ 36 millions de tonnes métriques de gaz naturel liquéfié, soit l'équivalent des importations combinées de la Grande-Bretagne et de la France l'an dernier, ainsi que 1,6 milliard de barils de pétrole brut et de condensats depuis le début de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l'Iran fin février. Le PDG d'Equinor, Anders Opedal, a fait écho à cet avertissement, affirmant que les consommateurs ressentiraient la douleur de l'amincissement des réserves "au moins au cours des prochains mois".reuters
Une grande partie de la perturbation avait été initialement compensée par une demande plus faible de la Chine, des prélèvements sur les stocks, une capacité d'expédition flexible et une production croissante en provenance des Amériques, a déclaré Ritchie. "Mais ces amortisseurs s'affaiblissent", a-t-il ajouté, avertissant que plus la perturbation persiste, plus le risque de futurs chocs d'approvisionnement est grand.reuters
Même si les points de passage énergétiques perturbés par le conflit devaient rouvrir, les goulots d'étranglement dans le transport maritime, la production et les chaînes d'approvisionnement pourraient retarder un retour à la normale jusqu'en 2027, a déclaré Ritchie. Après cela, le seul réapprovisionnement "devrait puiser dans l'offre jusqu'à bien après l'année prochaine, potentiellement au-delà".reuters
Ces avertissements interviennent alors que le brut Brent oscillait près de la barre des trois chiffres après avoir approché les 110 dollars le baril plus tôt dans la semaine. Emily Ashford, de la Standard Chartered Bank, a déclaré que le report des discussions prévues sur le transport maritime à Ormuz "exclut toute désescalade pour le moment", tandis que les attaques de drones qui ont fermé l'oléoduc Est-Ouest de l'Arabie saoudite ont endommagé une voie de contournement clé du détroit d'Ormuz.globalbankingandfinance+1
L'oléoduc saoudien, qui permettait au Royaume de réacheminer environ 4 millions de barils par jour d'exportations de brut depuis les terminaux du golfe Persique vers le port de Yanbu sur la mer Rouge, a été mis hors service par des frappes de drones lancées depuis le territoire irakien les 10 et 11 septembre. Reuters a rapporté que l'Arabie saoudite pourrait manquer de stocks d'exportation à Yanbu en quelques jours si l'oléoduc n'est pas rétabli. Le PDG de Chevron , Mike Wirth, a déclaré vendredi que les tampons du marché étaient "épuisés" et que les prix pourraient encore augmenter.oilprice+2
Les stocks de pétrole observés au niveau mondial ont chuté de 507 millions de barils depuis février, avec des prélèvements moyens de 2,8 millions de barils par jour, selon le rapport de septembre de l'Agence internationale de l'énergie. La réserve stratégique de pétrole des États-Unis est tombée à son plus bas niveau depuis le début des années 1980.oilprice
En Europe, les niveaux de stockage de gaz se situent bien en dessous des moyennes saisonnières à l'approche de l'hiver, et les prix dépendront de la météo, des flux de GNL à travers le détroit d'Ormuz et de la concurrence avec l'Asie pour les cargaisons, a déclaré Opedal. Environ 9 millions de barils par jour d'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient sont actuellement effectivement hors ligne, selon Helima Croft de RBC Capital Markets. Comme l'a dit Ritchie : "Plus la perturbation persiste, plus le risque est grand."oilprice+1