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channelstv+1euronews+1channelstvLes prix du pétrole brut ont franchi la barre des 95 dollars le baril cette semaine, alors que la reprise des affrontements entre les États-Unis et l'Iran a provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux de l'énergie, accentué une déroute obligataire historique et propulsé l'inflation en zone euro à un plus haut de trois ans, ravivant le spectre de nouvelles hausses de taux d'intérêt des deux côtés de l'Atlantique.
Cette nouvelle vague d'hostilités a débuté dimanche lorsque l'armée américaine a frappé des cibles iraniennes près du détroit d'Ormuz, une opération qualifiée par le président Donald Trump de représailles à la « tentative ratée de l'Iran de poser des mines marines dans le détroit » et aux attaques de missiles contre une base américaine en Jordanie. L'Iran a répliqué par des tirs de missiles balistiques sur des bases américaines en Jordanie et des attaques de drones visant les forces américaines à Bahreïn et dans la région du Kurdistan irakien. Le baril de Brent a dépassé les 95 dollars mercredi, prolongeant une hausse de 4,6 % amorcée la veille, tandis que le West Texas Intermediate s'échangeait au-dessus de 91 dollars. Les prix du pétrole ont bondi d'environ 10 % cette semaine.channelstv+1
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondial, est de fait fermé au trafic commercial normal depuis le début de ce conflit qui dure depuis six mois. Cette escalade met fin à des semaines de calme relatif durant lesquelles les pourparlers de paix ont piétiné, Washington ayant déclaré vouloir poursuivre l'« asphyxie économique » de l'Iran.mappr+1
Les perturbations énergétiques se répercutent déjà sur les prix à la consommation. L'inflation annuelle dans la zone euro s'est accélérée pour atteindre 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet, soit son niveau le plus élevé en trois ans, selon l'estimation rapide d'Eurostat. Les prix de l'énergie ont été le principal moteur de cette hausse, bondissant de 14,3 % sur un an, contre 10,3 % en juillet. L'inflation sous-jacente, qui exclut l'énergie et l'alimentation, a quant à elle légèrement reflué à 2,4 %.euronews+1
« Cette hausse s'explique par un rebond des prix du carburant suite à la nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz, tandis que les pressions sous-jacentes sur les prix sont restées contenues grâce au repli de l'inflation dans les services », a expliqué à Euronews Leo Barincou, économiste senior chez Oxford Economics. Aux États-Unis, les prix du diesel ont atteint un sommet en quatre ans, illustrant la portée mondiale de ces perturbations de l'approvisionnement.christophe-barraud+1
La poussée inflationniste a accentué la vague de ventes sur les obligations mondiales. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a atteint environ 4,8 %, son plus haut niveau depuis début 2025, tandis que le rendement à 30 ans a frôlé un sommet de deux décennies. Au Japon, le rendement des obligations d'État à 10 ans a dépassé les 3 % pour la première fois depuis 1996. Les rendements des gilts britanniques à 10 ans ont atteint leur plus haut niveau depuis la mi-2007, et ceux des Bunds allemands ont retrouvé des niveaux inédits depuis 2011.reuters+1
Les traders évaluent désormais à environ 70 % la probabilité que la Réserve fédérale relève ses taux lors de sa réunion des 15 et 16 septembre, contre environ 35 % avant le discours très ferme du président de la Fed, Kevin Warsh, à Jackson Hole le 28 août. La Banque centrale européenne devrait quant à elle relever ses taux de 25 points de base pour les porter à 2,50 % lors de sa réunion du 10 septembre, une décision jugée quasi certaine par les marchés. Selon une analyse de Reuters Thomson Reuters Corporation , les coûts d'emprunt des États, des États-Unis à l'Allemagne en passant par le Japon, se situent actuellement à des sommets de plusieurs décennies ou s'en approchent, sous l'effet des inquiétudes croissantes concernant l'inflation, la hausse des taux et l'alourdissement de la dette.investing+2
Le rapport de vendredi sur l'emploi non agricole aux États-Unis s'annonce comme le prochain point d'inflexion, susceptible de confirmer ou d'infirmer la nécessité d'une hausse des taux de la Fed, et de déterminer ainsi l'évolution des craintes inflationnistes liées à l'énergie qui ont bouleversé les marchés mondiaux en l'espace de quelques jours.investing