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reuters+1reuters+1telegraph+1Le MI5 britannique a émis mercredi une alerte publique sans précédent sur l'espionnage, avertissant que plus de 100 universitaires liés au Royaume-Uni ont contribué à des projets de recherche secrètement financés par le renseignement chinois via une organisation écran.reuters+1
L'alerte, la première publiée indépendamment par le MI5, désigne le China General Technology Research Institute (CGTRI), également connu sous le nom d'Académie chinoise de technologie générale, comme un organisme ayant des "liens très étroits" avec le ministère de la Sécurité d'État (MSS) chinois, le service de renseignement civil de Pékin. Le MI5 a déclaré que l'"objectif principal" de l'institut est de financer des recherches universitaires qui "améliorent directement la capacité technique du MSS en matière d'espionnage".telegraph+2
Les projets financés par le CGTRI couvraient l'intelligence artificielle, la cybersécurité, les systèmes de communications secrètes et la stéganographie, la pratique consistant à dissimuler des informations dans d'autres messages ou objets. Le MI5 a reconnu que de nombreux universitaires et institutions se sont engagés auprès de l'organisation "de bonne foi", ignorant les liens du CGTRI avec la sécurité d'État chinoise, qui, selon l'agence, avaient été délibérément "dissimulés".bbc+2
Le ministre de la Sécurité, Dan Jarvis, a déclaré qu'il avait écrit à tous les vice-chanceliers des universités britanniques pour les exhorter à veiller à ce que leur personnel "mette fin à tous les accords" avec le CGTRI. Jarvis a averti qu'une collaboration continue pourrait enfreindre la loi sur la sécurité nationale de 2023, qui a créé des infractions pour assistance à un service de renseignement étranger, passibles d'une peine maximale de 14 ans d'emprisonnement.telegraph+2
"Cette alerte expose les tentatives du renseignement chinois de bénéficier secrètement de l'expertise et des recherches de nos universitaires, sapant notre sécurité nationale et celle de nos alliés", a déclaré Jarvis.reuters+1
Cet avertissement s'inscrit dans une série de révélations croissantes du renseignement britannique sur l'espionnage chinois. En juin, le MI5 s'est joint à ses partenaires des Five Eyes (États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) pour avertir que le renseignement militaire chinois utilisait des plateformes de réseaux professionnels pour recruter des personnes ayant accès à des informations sensibles. Plus tôt cette année, le directeur général du MI5, Ken McCallum, a informé des représentants de plus de 70 universités que des États hostiles ciblaient des universitaires et cherchaient à "façonner le contenu de la recherche et de l'enseignement".itv+3
Le journal i Paper a rapporté que les responsables du renseignement sont de plus en plus frustrés par ce qu'ils considèrent comme une naïveté de la part de certains vice-chanceliers concernant les partenariats de recherche avec des entités liées à la Chine.inews
L'ambassade de Chine à Londres a rejeté ces accusations, les qualifiant de "totalement fabriquées" et de "calomnies malveillantes". L'alerte souligne la tension dans les relations entre la Grande-Bretagne et Pékin : le gouvernement britannique a cherché à renforcer les liens commerciaux et a approuvé des plans pour que la Chine construise sa plus grande ambassade européenne à Londres, tout en affrontant simultanément ce que ses agences de renseignement décrivent comme une menace d'espionnage quotidienne.itv+1
Libby Hackett, directrice générale du Russell Group, qui regroupe des universités de premier plan, a déclaré que les institutions "prennent très au sérieux leurs responsabilités en matière de sécurité nationale" et "continueront de le faire face aux menaces nouvelles et émergentes".telegraph