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nytimesdefence-blogrusiUne enquête du New York Times publiée samedi a révélé qu'une unité de renseignement militaire russe opère depuis un gratte-ciel de Tokyo, se procurant des équipements de haute technologie dont la Russie a besoin pour soutenir sa guerre en Ukraine. Le rapport, rédigé par la journaliste d'investigation Jane Bradley, détaille comment Vladimir Poutine a effectivement transformé le Japon en une plaque tournante pour des opérations d'approvisionnement clandestines après que les nations occidentales ont expulsé des centaines d'agents de renseignement russes à la suite de l'invasion de 2022.nytimes+2 ## Un « paradis de l'espionnage » sous pression Ces révélations surviennent dans un contexte d'inquiétude croissante concernant la vulnérabilité du Japon face à l'espionnage étranger. Le Japon a longtemps été décrit comme un « paradis de l'espionnage » en raison de l'absence de loi dédiée contre l'espionnage, une lacune que les services de renseignement étrangers exploitent depuis des décennies.rusi+1 Le problème n'est pas abstrait. En janvier, la police de Tokyo a transmis aux procureurs un dossier impliquant un ancien fonctionnaire de la représentation commerciale de Russie au Japon, qui aurait recruté un employé d'une entreprise japonaise de machines-outils pour obtenir des données technologiques propriétaires. L'agent russe, soupçonné d'être un agent infiltré du Service de renseignement extérieur de Moscou, s'était fait passer pour un citoyen ukrainien pour se lier d'amitié avec l'employé, finissant par payer environ 700 000 yens pour des informations industrielles classifiées.scmp+2 La situation globale est tout aussi préoccupante. Selon le commissaire présidentiel ukrainien aux sanctions, Vladyslav Vlasiuk, des composants fabriqués par des entreprises japonaises apparaissent dans environ 90 % des missiles de croisière, missiles balistiques et drones russes utilisés dans la guerre. Des documents internes du gouvernement ukrainien partagés avec Kyodo News fin juin ont nommé 13 entreprises japonaises dont l'électronique civile a été identifiée dans des systèmes, notamment le missile de croisière Kh-101.euromaidanpress+2 ## La refonte du renseignement au Japon L'accumulation d'affaires d'espionnage et de fuites liées aux approvisionnements a stimulé la réforme du renseignement la plus ambitieuse du Japon depuis la Seconde Guerre mondiale. En mai 2026, le parlement japonais a adopté une loi établissant un Conseil national du renseignement et un Bureau national du renseignement, première étape d'un plan plus large visant à construire un appareil de renseignement centralisé. Une loi anti-espionnage dédiée est attendue plus tard cette année, suivie de la création d'un service de renseignement extérieur en 2027.rusi+1 Le Royal United Services Institute a noté dans une analyse de juin que ces réformes reflètent la reconnaissance par le Japon du fait que son cadre juridique actuel « ne s'applique qu'aux informations activement désignées comme secrètes par une agence gouvernementale » et « ne criminalise pas le fait d'agir en tant qu'agent clandestin pour une puissance étrangère ».rusi ## Un modèle plus large d'approvisionnement russe Le Japon n'est pas seul à faire face à la collecte agressive de renseignements russes. En mai, l'Associated Press a rapporté que de hauts responsables du renseignement européen ont averti que les agents de Moscou créent des sociétés fictives, engagent des intermédiaires et déploient des cyber-agents à travers le continent pour contourner les sanctions. La directrice du GCHQ britannique, Anne Keast-Butler, a averti que la Russie « intensifie ses opérations hybrides quotidiennes contre le Royaume-Uni et l'Europe ».apnews+2 Le gouvernement japonais a maintenu sa position en matière de sanctions tout en reconnaissant la complexité des relations avec un État voisin. Début juillet, le secrétaire général du Cabinet, Minoru Kihara, a déclaré que Tokyo poursuivrait les sanctions en coordination avec le G7 tout en notant que « le maintien des relations bilatérales est important ».tass