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lemonde+1apnews+1dwL'écrivain franco-algérien Kamel Daoud a annoncé mercredi qu'un tribunal algérien l'avait condamné à trois ans de prison et à une amende de 5 millions de dinars algériens — environ 38 000 dollars — pour son roman "Houris", lauréat du prix littéraire le plus prestigieux de France.lemonde+1
Daoud, qui vit en France, a partagé la nouvelle sur X, écrivant que le verdict de son procès du 7 avril avait été rendu le 21 avril. "Dix ans de guerre, près de 200 000 morts selon les estimations, des milliers de terroristes amnistiés… Et un seul coupable : un écrivain", a-t-il écrit.x+1
"Houris", publié en 2024 par Gallimard, raconte l'histoire d'une jeune femme dont la gorge a été tranchée lors d'un massacre perpétré par des militants islamistes pendant la guerre civile algérienne des années 1990 — un conflit connu sous le nom de "décennie noire" qui a coûté la vie à environ 200 000 personnes. Le livre a remporté le prix Goncourt en novembre 2024, faisant de Daoud le premier auteur né en Algérie à recevoir cet honneur.bbc+1
Le roman a été interdit en Algérie, où une loi de 2005 connue sous le nom de Charte pour la paix et la réconciliation nationale interdit tout débat public sur la guerre civile. Daoud a déclaré avoir été condamné en vertu de cette même charte. Le procès s'est tenu à Oran le 7 avril et s'est déroulé par contumace — Daoud n'a pas pu être représenté par un avocat et n'a pas été en mesure d'obtenir le texte de sa condamnation.apnews+3
Selon Le Monde, le procès s'est tenu "en catimini" et le verdict a été retardé pour éviter qu'il ne coïncide avec la visite du pape François en Algérie du 13 au 15 avril. Daoud fait également l'objet de deux mandats d'arrêt internationaux émis par les autorités algériennes en mai 2025, bien qu'Interpol ait refusé de les honorer.dw+2
Cette condamnation fait suite à celle, l'année dernière en Algérie, d'un autre auteur franco-algérien, Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison en vertu des lois antiterroristes pour des commentaires sur les frontières de l'Algérie à l'époque coloniale. Sansal, âgé de 76 ans et atteint d'un cancer, a été libéré par la suite grâce à une grâce humanitaire.bastillepost+1
S'adressant au Monde, Daoud a confirmé que la peine découlait d'une plainte déposée par l'Organisation nationale des victimes du terrorisme en Algérie. Il fait également face à une procédure judiciaire distincte en France liée à une plainte pour atteinte à la vie privée, ainsi qu'à un second procès à Oran concernant des allégations d'une Algérienne nommée Saâda Arbane.lemonde+2