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bbc.euromaidanpress+1.cbc+1.Les chercheurs spécialisés dans la désinformation et les vérificateurs de faits affirment n'avoir trouvé aucune preuve que les frappes de drones ukrainiens sur les centres de données de l'entreprise technologique russe Yandex aient réduit l'activité des bots pro-Kremlin en ligne. Le bureau du président ukrainien Volodymyr Zelensky a depuis précisé que ses remarques portaient sur l'ambiance générale sur les réseaux sociaux, et non sur une baisse mesurée du nombre de bots.cbc+1
Zelensky a fait cette déclaration lundi 12 octobre, lors d'une intervention vidéo au Forum sur la sécurité de Varsovie. "Il est soudainement devenu un peu plus facile de respirer sur de nombreuses plateformes de réseaux sociaux", a-t-il déclaré. "Il y avait moins de haine, moins de division et moins de provocations. Parce qu'il y avait moins de bots". Il a ajouté qu'il était "assez clair d'où venaient ces bots, s'ils ont disparu quand Yandex a été mis hors ligne".cbc
Interrogé sur ces remarques par BBC Verify, son bureau a indiqué que le président "parlait de l'atmosphère sur les réseaux sociaux" plutôt que d'une chute de l'activité des bots. Il a précisé avoir constaté "des rapports faisant état de moins de commentaires provocateurs et haineux" de la part de nombreux utilisateurs.bbc
La société de surveillance ukrainienne LetsData a vérifié les réseaux sur X et Facebook qu'elle attribue aux opérations d'influence russes, y compris les comptes diffusant une nouvelle vague de la campagne Doppelgänger, qui clone de vrais sites d'information. La cofondatrice Ksenia Iliuk a déclaré à Euromaidan Press que les réseaux semblent inchangés: aucun n'a cessé de publier ou n'a rompu son rythme hebdomadaire habituel. Un réseau qui diffusait récemment de faux sites Die Welt sur les élections allemandes partage désormais un faux site Ukrinform sur la mobilisation en Ukraine. Iliuk a souligné que les frappes pourraient tout de même avoir affecté des réseaux que l'entreprise ne suit pas.euromaidanpress
Les chercheurs de dTeam, un groupe américain qui surveille les opérations liées à Moscou, ont déclaré à BBC Verify qu'ils n'avaient constaté "aucun changement dans le trafic" et que les bots liés aux campagnes Storm-1516 et Matryoshka étaient toujours actifs mardi. Josef Holnburger, du centre de surveillance allemand CeMAS, a déclaré à DW qu'il n'y avait "aucune baisse des activités de désinformation russe qui pourrait être expliquée par l'attaque".dw+1
Une grande partie de l'affirmation en ligne repose sur des données de Cloudflare montrant que le trafic automatisé du réseau Yandex a chuté brutalement après la première frappe le 8 octobre. Cloudflare a précisé que cette baisse "n'indique pas nécessairement une activité de bots sur les plateformes de réseaux sociaux". Lukasz Olejnik, du King's College de Londres, a déclaré à CBC que les données reflétaient le robot d'indexation de Yandex, et non les comptes de réseaux sociaux, qualifiant l'histoire des "bots réduits au silence" de "désinformation". Samuel Woolley, de l'Université de Pittsburgh, a déclaré qu'il "est tout à fait logique que si vous attaquez Yandex, le trafic automatisé en ligne diminue". DW a découvert qu'un graphique viral incluait un point de données pour le 14 octobre, alors qu'il est apparu pour la première fois en ligne le 11 octobre.mashable+3
Les frappes, qui ont touché des sites à Sasovo, Kalouga et Vladimir, ont perturbé les services de Yandex en Russie et dans plusieurs pays voisins. La question a une portée qui dépasse l'Ukraine. Lors du même forum, le Premier ministre lituanien a suggéré que les alliés pourraient demander à Kiev de frapper davantage de centres de données pour protéger les élections européennes contre les ingérences.cbc+1
"Les fermes à trolls se cachent derrière des proxys, des appareils détournés et des clouds occidentaux", a écrit Olejnik. "Elles sont toujours opérationnelles".cbc