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reutersbloomberg+1transactionfinance.tabinsightsLes gouvernements à travers l'Europe intensifient leurs efforts pour prélever une part des solides bénéfices du secteur bancaire, introduisant une nouvelle dose d'incertitude pour les investisseurs dans l'une des industries les plus performantes du continent.
Les discussions autour d'une taxation des bénéfices bancaires se sont intensifiées dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, en France, au Portugal, en Suède et en Italie, selon Bloomberg. Cette offensive intervient alors que les prêteurs européens continuent de publier de très bons résultats, la croissance médiane des revenus de dix grandes banques s'étant accélérée à 6,7 % au premier semestre 2026, contre 0,4 % un an plus tôt, ce qui en fait des cibles tentantes pour des gouvernements aux prises avec des déficits budgétaires.reuters+1
L'Italie s'est imposée comme le fervent partisan de nouvelles taxes bancaires. Le vice-Premier ministre Matteo Salvini a déclaré que son parti, la Ligue, proposerait un prélèvement de 5 % sur trois ans ciblant les dix plus grandes banques du pays dans le cadre du budget 2027. S'exprimant au Forum Ambrosetti de Cernobbio au début du mois, M. Salvini a salué la démarche de l'Espagne en matière de taxation des banques, déclarant à Bloomberg que l'initiative espagnole sur les profits bancaires était « absolument intelligente ».investing+3
La Ligue estime que ce prélèvement pourrait rapporter entre 2 et 3 milliards d'euros par an si les bénéfices de l'ensemble du secteur atteignent environ 30 milliards d'euros. Cette contribution proposée s'ajouterait aux quelque 12 milliards d'euros que le gouvernement italien prévoit déjà de collecter auprès des banques et des assureurs d'ici 2028 via des mesures intégrées au budget 2026. Le vice-Premier ministre et chef de Forza Italia, Antonio Tajani, a toutefois affirmé que toute contribution devrait être négociée avec les entreprises concernées et prendre la forme d'avances fiscales plutôt que de nouvelles taxes.reuters+1
La pression s'étend bien au-delà de l'Italie. Au Royaume-Uni, le groupe d'influence Positive Money soutenait en août qu'une taxe exceptionnelle sur les quatre plus grandes banques britanniques pourrait rapporter 19 milliards de livres sterling en 2026, bien que la chancelière Rachel Reeves ait choisi de ne pas augmenter les impôts des banques lors de son budget de novembre 2025. La France, le Portugal et la Suède connaissent également un regain de débats autour de la fiscalité bancaire.positivemoney+2
Cette tendance globale est alimentée par un secteur bancaire qui demeure exceptionnellement rentable par rapport aux normes historiques. Scope Ratings prévoit que les banques européennes maintiendront une rentabilité moyenne des capitaux propres à deux chiffres, soutenue par une reprise de la croissance des crédits, une hausse des revenus de commissions et des pertes de crédit modérées. UBS domine le secteur avec un bénéfice avant impôts en hausse de 72 % à 7,4 milliards de dollars au premier semestre 2026, tandis que Barclays et BNP Paribas ont également affiché une solide croissance.transactionfinance.tabinsights+1
Pour les investisseurs, l'imprévisibilité de potentielles nouvelles taxes ajoute du risque à un secteur pourtant performant jusqu'ici. Comme le souligne Bloomberg, cette incertitude politique constitue précisément le type de variable que les marchés détestent, et rien n'indique qu'elle soit sur le point de s'atténuer.bloomberg