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ftinterfax+1reuters+1Deutsche Bank , UniCredit et Commerzbank ont déposé des plaintes en Allemagne contre le groupe de gaz industriels Linde dans ce qui est décrit comme une affaire test sur la question de savoir qui doit supporter des centaines de millions d'euros de pertes découlant des sanctions occidentales contre la Russie.
La première affaire doit être entendue devant un tribunal de Francfort mardi, Deutsche Bank réclamant environ 260 millions d'euros d'indemnisation à Linde pour des actifs saisis par les tribunaux russes, selon le Financial Times.ft+1
Les poursuites portent sur des garanties bancaires émises pour le complexe de traitement et de liquéfaction de gaz de RusChemAlliance dans le port balte d'Oust-Louga. Linde avait été engagé pour construire l'usine mais a suspendu les travaux en mai 2022 après que l'Union européenne a imposé des sanctions à la Russie à la suite de son invasion de l'Ukraine.interfax+1
Après l'arrêt de la construction par Linde, RusChemAlliance — une coentreprise de Gazprom — a exigé le paiement au titre des garanties bancaires. Les banques ont refusé de payer, invoquant les restrictions liées aux sanctions. RusChemAlliance s'est ensuite tourné vers les tribunaux russes, qui ont ordonné en mai 2024 la saisie d'actifs appartenant à Deutsche Bank, Commerzbank et UniCredit pour un total de plus de 700 millions d'euros. Un tribunal russe a par la suite statué pour satisfaire partiellement une réclamation de 239 millions d'euros contre Deutsche Bank.bloomberg+2
Le total des réclamations déposées par RusChemAlliance contre les banques européennes a dépassé 1,1 milliard d'euros.tass
Les banques soutiennent désormais que Linde, en tant que partie dont les obligations contractuelles ont déclenché les appels de garantie, devrait les indemniser pour les pertes. L'affaire est suivie de près dans les secteurs financier et des entreprises car elle pourrait créer un précédent sur la manière dont les banques et leurs clients entreprises partagent le fardeau des pertes liées à la Russie.ft+1
Deutsche Bank avait précédemment divulgué des provisions d'environ 260 millions d'euros pour le litige russe. UniCredit a fait face à des saisies d'actifs de 463 millions d'euros en Russie, tandis que Commerzbank a vu environ 94 millions d'euros gelés.swissinfo+3
Le litige est l'un des imbroglios juridiques les plus complexes issus des sanctions occidentales contre la Russie. Il a déjà engendré des procédures dans de multiples juridictions, notamment des cas d'arbitrage et des injonctions anti-poursuites dans des tribunaux allant de Hong Kong à Londres. En février 2025, une cour d'appel britannique a annulé une injonction qu'UniCredit avait obtenue contre RusChemAlliance.mayerbrown+1
L'issue à Francfort pourrait déterminer si les institutions financières qui ont émis des garanties pour le compte de clients entreprises peuvent répercuter les pertes sur ces clients lorsque les sanctions rendent l'exécution impossible — une question qui a des implications pour les banques à travers l'Europe qui sont encore en train de dénouer leurs expositions russes.