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digitalmusicnews+1musicweektechcrunch+1Le déferlement de musique générée par IA a franchi un seuil redouté depuis longtemps par l'industrie du disque. Deezer, la plateforme de streaming basée à Paris, a confirmé que les morceaux entièrement générés par IA ont dépassé pour la première fois les 50 % de l'ensemble des nouveaux téléchargements quotidiens en juin 2026, avec une moyenne mensuelle de 90 000 morceaux de ce type arrivant chaque jour sur le service. De son côté, le générateur de musique IA Suno a publié mercredi une série de changements de politique visant à limiter la distribution de masse de ses créations et à améliorer la transparence autour des morceaux créés par IA.digitalmusicnews+3
Selon l'annonce officielle de Deezer du 21 juillet, cette étape marque une accélération rapide par rapport aux 44 % de téléchargements enregistrés en avril. Bien qu'ils dominent le flux d'ajouts, les morceaux IA ne représentent que 1 % à 3 % des écoutes réelles sur la plateforme, en partie parce que Deezer exclut les contenus IA détectés des recommandations algorithmiques et des listes de lecture éditoriales.weraveyou+2
Plus inquiétant encore pour les artistes : les données internes de Deezer révèlent que jusqu'à 85 % des écoutes de morceaux générés par IA provenaient de comptes de bots frauduleux. « Maintenant que la moitié des téléchargements quotidiens sont des morceaux générés par IA, nous prenons des mesures supplémentaires pour protéger les droits des artistes et des auteurs-compositeurs, tout en restant concentrés sur la musique que les fans aiment vraiment », a déclaré le PDG Alexis Lanternier.techcrunch+3
Le billet de blog de Suno, intitulé « Comment nous construisons l'avenir de la musique de manière responsable » et rédigé par le PDG Mikey Shulman, intervient quelques jours après qu'un tribunal régional de Munich a statué, le 31 juillet, que la plateforme avait enfreint les droits d'auteur détenus par la société de gestion collective allemande GEMA en entraînant ses modèles sur des œuvres protégées sans licence.musicweek+1
L'entreprise a déclaré qu'elle introduirait prochainement une nouvelle politique de téléchargement « conçue pour limiter la capacité de distribuer en masse des chansons sur les plateformes de streaming », qu'elle déploierait une technologie de tatouage numérique et d'empreinte audio dans les semaines à venir, et qu'elle mettrait en œuvre des outils de transparence alignés sur les normes émergentes de l'industrie afin que les morceaux générés par IA puissent être identifiés sur d'autres plateformes. Suno a également adopté le service de détection des droits d'auteur Sentinel de Musixmatch, devenant ainsi la première plateforme à intégrer cet outil d'empreinte numérique.musicweek+1
Ces changements surviennent alors que Warner Music Group reste la seule major à avoir accordé une licence à Suno, dans le cadre d'un partenariat annoncé en novembre 2025. Le PDG de WMG, Robert Kyncl, a réitéré cette semaine que « le plan reste exactement le même, à savoir qu'ils passent à un modèle sous licence plus tard cette année ».wmg+2
Pour les musiciens professionnels, la tension fondamentale reste entière : les outils d'IA produisent du contenu à une échelle industrielle tout en ne captant qu'une part négligeable de l'attention des auditeurs ; pourtant, ce volume massif menace la découvrabilité et, par conséquent, les revenus de redevances des créateurs humains.