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bloomberg+1bbc+1bankingnews+1Le Pakistan a déclaré jeudi qu'il ne se considérait pas lié par les sanctions unilatérales américaines contre l'Iran, rejoignant ainsi la Chine dans son opposition ouverte à la campagne de Washington visant à isoler économiquement Téhéran. Le rejet de ces deux partenaires clés de l'Iran porte un coup dur à l'« Opération Economic Outcast » (Exclu économique) de l'administration Trump, lancée en début de semaine pour couper tous les flux financiers du régime iranien.
Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tahir Andrabi, a déclaré aux journalistes lors de son point de presse hebdomadaire à Islamabad que le Pakistan avait « toujours rejeté les mesures unilatérales et n'acceptait pas les sanctions unilatérales » au regard du droit international. Il a ajouté qu'Islamabad restait déterminé à poursuivre ses échanges commerciaux avec l'Iran conformément aux accords bilatéraux, et qu'il existait « une volonté de développer » les liens commerciaux entre les deux voisins.middleeasteye+1
Selon Bloomberg, M. Andrabi a précisé que le Pakistan n'était pas « tenu de » se conformer aux sanctions, à moins qu'elles ne soient imposées par les Nations unies. Il a qualifié la pression économique exercée sur l'Iran de composante d'un affrontement plus large entre Téhéran et Washington, qui devrait être résolu par la diplomatie.bloomberg+1
M. Andrabi a également balayé les spéculations selon lesquelles le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, se serait rendu à Téhéran en tant qu'envoyé de Donald Trump, affirmant que ce déplacement s'inscrivait dans le cadre des relations bilatérales et de la diplomatie régionale.atlaspress
La Chine a rejeté les nouvelles sanctions américaines quelques jours avant l'annonce du Pakistan. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré le 25 août que Pékin était « fermement opposé » à ce qu'il qualifie de « sanctions unilatérales illégales » et qu'il prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour sauvegarder ses droits, selon la BBC. M. Lin a ajouté que la coopération entre la Chine et l'Iran « s'est toujours déroulée dans le cadre du droit international ».ittefaq+1
La Chine achète jusqu'à 90 % des exportations de pétrole iranien, ce qui en fait le partenaire économique le plus important de Téhéran. Le premier volet de sanctions américaines visait 60 entités de moindre envergure, des particuliers et des navires, mais s'est gardé de sanctionner les grandes banques chinoises : une décision que les analystes attribuent au sommet prévu entre Donald Trump et Xi Jinping le 24 septembre à Washington.ittefaq
L'administration Trump a lancé l'opération « Economic Outcast » le 24 août (elle a été officiellement dévoilée lundi par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, qui l'a qualifiée de « Jour J économique » contre Téhéran). La Maison-Blanche a déclaré que l'objectif de cette campagne était de « couper tous les flux financiers qui soutiennent la République islamique d'Iran ». De nouvelles sanctions sectorielles visent les actifs numériques, la technologie, l'or, l'aviation et le transport maritime de l'Iran, et autorisent des sanctions contre toute personne dans le monde opérant dans ces secteurs de l'économie iranienne.bankingnews+3
M. Bessent a prévenu que « personne n'était hors de portée des sanctions américaines », y compris les banques chinoises. Pourtant, le défi ouvert lancé par le Pakistan et la Chine, deux États dotés de l'arme nucléaire et ayant des liens économiques profonds avec l'Iran, souligne les limites de la capacité de Washington à imposer le respect de ses décisions par les seules sanctions secondaires. Pékin et Islamabad présentant tous deux la question sous l'angle de la souveraineté et du droit international, l'administration américaine est confrontée à un fossé grandissant entre sa rhétorique maximaliste et la coopération qu'elle peut réellement obtenir.ittefaq