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lbcgroupdw+1i24news+1La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié la sécurité des frontières de « responsabilité européenne partagée » et a appelé à une « action unie » des États membres de l'UE après la traversée d'environ 50 000 migrants depuis le Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière. Cet événement, le plus important flux migratoire de l'histoire du territoire, a fait au moins 83 morts.
Les ministres de l'Intérieur de l'UE se sont réunis mardi lors d'une visioconférence d'urgence pour examiner la situation. À l'issue des discussions, le commissaire européen aux Migrations, Magnus Brunner, a affirmé que l'Union avait « réussi ce test » de sécurité des frontières et de « résilience face à la désinformation ».lbcgroup
Dans une lettre adressée lundi au Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, Ursula von der Leyen a salué sa « gestion rapide » de la situation et a présenté cinq domaines nécessitant un renforcement des efforts de l'UE : la prévention de la migration irrégulière grâce à la coopération avec les pays partenaires, le renforcement des frontières extérieures, la mise en place de systèmes d'alerte précoce, le démantèlement des réseaux de passeurs et l'amélioration des mesures de rapatriement.dw+1
« Cet incident montre clairement que nous devons faire plus pour renforcer nos frontières aux points critiques », a-t-elle écrit, appelant à une « surveillance vigilante et à l'utilisation de barrières physiques là où cela est nécessaire ».dw
L'Espagne estime qu'environ 69 500 migrants sont retournés au Maroc, tandis que 3 000 à 5 000 personnes se trouvent toujours à Ceuta, une ville de seulement 84 000 habitants. La crise a suscité de vives divisions au sein de l'Union : l'Italie a temporairement rétabli les contrôles à ses frontières, tandis que des responsables au Danemark et en Finlande ont réclamé la suspension de l'Espagne de l'espace de libre circulation Schengen.bbc+2
Le Maroc a rejeté les accusations du président régional de Ceuta, Juan Jesús Vivas, selon lesquelles il aurait « encouragé et permis » cet afflux. Un haut responsable marocain a mis en cause une décision de la Cour suprême espagnole du 8 juillet limitant le renvoi immédiat des migrants arrivant par mer, affirmant que les réseaux de passeurs avaient exploité cette décision en faisant croire que les migrants seraient protégés une fois la frontière franchie.i24news+1
« L'Europe nous demande d'empêcher les migrants de passer, mais de l'autre côté, elle leur déroule le tapis rouge lorsqu'ils traversent », a déclaré ce responsable. Le Maroc affirme maintenir 24 000 membres des forces de sécurité le long de son littoral nord et avoir empêché 74 000 tentatives de traversée depuis le début de l'année 2026.gmanetwork+1
Selon les analystes, le calendrier de cet afflux n'est pas fortuit. Il a coïncidé avec les célébrations de la fête du Trône au Maroc et a fait suite à des contacts diplomatiques entre l'Espagne et l'Algérie, le rival régional du Maroc. Riccardo Fabiani, de l'International Crisis Group, a souligné que ces événements rappellent que l'Espagne dépend de la coopération du Maroc pour sécuriser Ceuta, ce qui renforce le moyen de pression de Rabat sur ce territoire contesté.africanews
La crise a également ravivé des tensions géopolitiques plus larges. Le représentant américain Thomas Massie a contesté une aide de 40 millions de dollars approuvée par la Chambre des représentants pour le Maroc, soulignant que le rapport de commission d'accompagnement décrivait Ceuta et Melilla comme étant « situées sur le territoire marocain ». De son côté, Ursula von der Leyen a mis en garde contre toute tentative d'utiliser la migration irrégulière comme moyen de pression sur un État membre de l'UE.africa.businessinsider+1