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reuters+1reuters+1reuters+1Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré dimanche que le Canada recherche une "alliance unique" avec l'Union européenne, et non une adhésion, alors qu'Ottawa accélère son pivot stratégique loin des États-Unis dans un contexte de guerre commerciale croissante avec l'administration Trump.
"Nous ne cherchons pas à devenir membre de l'Union européenne", a affirmé Carney aux journalistes lors du Festival international du film de Toronto. "Ce que nous recherchons, et pour lequel nous entamerons des discussions, c'est une alliance unique entre le Canada et l'Union européenne. Nous partageons les mêmes valeurs, nous avons les mêmes priorités et nous possédons des forces très complémentaires."reuters+1
Ses remarques font suite à un rapport du Wall Street Journal News Corp indiquant que les responsables de l'UE seraient ouverts à l'octroi au Canada d'un statut de "membre associé" encore inexistant, bien que le Globe and Mail ait rapporté que c'était l'UE, et non Carney, qui avait suggéré ce titre, et que toute discussion sur l'étiquetage de cette relation est prématurée.euronews+2
Carney se rendra à Strasbourg cette semaine pour assister au discours sur l'état de l'Union de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le mercredi 16 septembre, devenant ainsi le premier chef de gouvernement non européen à y participer. Il prononcera ensuite son propre discours devant le Parlement européen jeudi.euobserver+4
Cette visite devrait préparer le terrain pour un sommet Canada-UE prévu les 29 et 30 octobre, où un partenariat économique et sécuritaire plus large pourrait être officiellement annoncé. L'ambassadrice de l'UE au Canada, Geneviève Tuts, a déclaré que le partenariat émergent sera sans précédent. "Ce que nous avons en tête est différent de ce que nous avons avec d'autres pays", a-t-elle confié à CTV News. "Ce sera quelque chose d'unique."thelogic+1
L'urgence de l'ouverture d'Ottawa vers l'Europe découle de son conflit commercial croissant avec Washington. L'administration Trump a imposé des droits de douane allant jusqu'à 50 % sur environ 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes, et Ottawa a répliqué par des contre-tarifs équivalents. Dimanche, Trump a qualifié le Canada de "pire pays avec lequel traiter" tout en réitérant ses projets de nouveaux tarifs sur les véhicules canadiens à partir du 1er janvier.bbc+2
Selon le Wall Street Journal, le Canada et l'UE discutent d'une libre circulation des biens, des services et des travailleurs dans des chaînes d'approvisionnement stratégiques, notamment l'énergie, l'intelligence artificielle, la défense et les minéraux critiques, ainsi que de projets conjoints sur les câbles sous-marins, les centres de données et les réseaux satellitaires. Carney s'est également entretenu avec le président français Emmanuel Macron au sujet d'accords d'exemption de visa pour les Canadiens dans l'UE.reuters+1
Tout partenariat approfondi fait face à des obstacles. L'accord de libre-échange actuel entre le Canada et l'UE, le CETA, n'a toujours pas été ratifié par 10 États membres de l'UE plus de neuf ans après son entrée en vigueur provisoire. De plus, les préoccupations d'Ottawa concernant sa souveraineté restent majeures : le gouvernement a explicitement rejeté un modèle à la norvégienne qui exigerait l'adoption des lois européennes sans droit de vote.theglobeandmail+1
L'ancien Premier ministre du Québec, Jean Charest, qui a défendu le CETA, a offert une perspective pragmatique : "Les États-Unis resteront toujours notre premier partenaire commercial, cela ne changera pas. Mais il s'agit ici de diversifier."theglobeandmail