Newsletter Subscribe
Enter your email address below and subscribe to our newsletter
[forminator_form id="25163"]

yabiladinbcnews+1nytimesL'afflux migratoire massif dans la petite enclave espagnole de Ceuta la semaine dernière a offert un nouveau cheval de bataille aux partis d'extrême droite européens. Cependant, leurs tentatives d'instrumentaliser la crise se sont heurtées à une vive résistance de la part des habitants de la ville, qui ont organisé des contre-manifestations et contraint les agitateurs politiques à repartir sous escorte policière.
Samedi soir, l'eurodéputé Luis « Alvise » Pérez, leader du parti Se Acabó La Fiesta (La fête est finie), a été escorté par la police jusqu'au port de Ceuta après des protestations contre un rassemblement organisé par son groupe sur la Plaza de los Reyes. Des habitants, dont beaucoup d'origine marocaine, ont encerclé le rassemblement en scandant « Dehors », « Ceuta unie, pas divisée » et « C'est notre ville ».yabiladi
Avant le début du rassemblement, des habitants ont interpellé Pérez dans un café, lui lançant : « Vous ciblez les personnes vulnérables » et « Vous profitez de la situation pour semer la haine ». Le groupe d'extrême droite Núcleo Nacional (Noyau National) a fait face à une opposition similaire : la police nationale a dû escorter une vingtaine de ses membres vers le port alors que des manifestants les encerclaient. Des habitants ont suivi le convoi à moto, klaxonnant pour célébrer leur départ.yabiladi
Les affrontements à Ceuta se sont déroulés sur fond d'opportunisme politique à l'échelle du continent. Les leaders de l'extrême droite européenne se sont emparés des images chaotiques des passages de frontières, au cours desquels des dizaines de milliers de migrants sont entrés jeudi dans l'enclave espagnole, pour affirmer que les frontières de l'Europe sont poreuses.nbcnews+1
En France, Marine Le Pen a exigé un renforcement immédiat des contrôles aux frontières, tandis que Jordan Bardella a accusé la politique de régularisation des sans-papiers du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez d'« ouvrir les portes de l'Europe à tous les dangers ». Au Royaume-Uni, le leader de Reform UK, Nigel Farage, a prévenu que les migrants entrant à Ceuta finiraient par atteindre la Manche. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a qualifié ces scènes de « choquantes » et a déclaré que l'Italie « ne resterait pas les bras croisés ».nytimes
Ce qui distingue l'année 2026 de la crise migratoire de 2015, c'est la mesure dans laquelle les dirigeants centristes ont adopté une rhétorique de fermeté. La Première ministre danoise Mette Frederiksen a exhorté ses homologues à envisager de suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz a exigé que le Maroc « reprenne immédiatement les migrants illégaux ».nytimes
Pedro Sánchez, l'un des rares dirigeants à maintenir une position d'accueil sur l'immigration, a répliqué en soulignant que la plupart des personnes entrées à Ceuta jeudi étaient déjà reparties samedi, et que davantage de migrants entrent illégalement dans l'UE par l'Italie, les Balkans occidentaux et la Grèce que par l'Espagne. François Gemenne, spécialiste des migrations à HEC Paris, observe que les dirigeants centristes se sentent obligés de se montrer fermes sur les frontières : « Si les centristes donnent l'impression d'être dépassés sur ces questions, ils perdent totalement le contrôle du récit politique ».nytimes
À Ceuta même, le message des habitants était plus direct, ciblant non pas les migrants, mais les politiciens venus les instrumentaliser.