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aljazeera+1freshfruitportal+1aljazeeraLe Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré jeudi qu'Ottawa était prêt à négocier un accord commercial avec les États-Unis, mais seulement à des conditions protégeant les industries automobile et sidérurgique du pays, alors qu'une nouvelle série de tarifs de représailles approche la semaine prochaine.
"Nous sommes prêts à nous asseoir et à conclure cet accord lorsque les Américains seront prêts", a déclaré Carney aux journalistes à Thunder Bay, en Ontario. Il a ajouté que tout accord doit assurer "stabilité et crédibilité" et maintenir la compétitivité de l'industrie manufacturière canadienne.aljazeera+1
Ces remarques interviennent à cinq jours de l'entrée en vigueur, le 8 septembre, des contre-tarifs canadiens, allant de 15 à 50 pour cent sur plus de 700 produits américains d'une valeur de 27,6 milliards de dollars canadiens. Washington a imposé des tarifs de 50 pour cent sur une valeur similaire de produits canadiens le 22 août, quelques heures après l'échec des négociations commerciales le 21 août. Les États-Unis ont également menacé d'imposer des tarifs de 50 pour cent sur toutes les voitures et pièces automobiles canadiennes à partir du 1er janvier 2027.freshfruitportal+3
Carney a profité de sa visite à Thunder Bay pour annoncer un contrat de 4,7 milliards de dollars canadiens avec Alstom Canada pour construire 313 nouvelles voitures de passagers VIA Rail dans des usines de l'Ontario et du Québec, une première en quatre décennies pour une fabrication nationale. La flotte qu'elles remplacent, dont certaines voitures ont plus de 70 ans, a été largement construite aux États-Unis.eletric-vehicles+1
"Des voitures autrefois fabriquées aux États-Unis, désormais fabriquées ici chez nous", a déclaré Carney, présentant l'accord comme une pièce maîtresse de la politique d'approvisionnement d'Ottawa visant à privilégier les produits canadiens. Le projet devrait soutenir près de 700 emplois et générer plus de 1,6 milliard de dollars canadiens en retombées économiques.eletric-vehicles
L'effondrement des pourparlers a engendré un échange amer entre les deux capitales. Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a blâmé le Canada, déclarant à CNBC que les négociateurs "ont tout fait exploser pour des raisons purement politiques". Carney a rejeté l'accusation, affirmant que "les membres du cabinet nommés et non élus aux États-Unis ne sont pas des experts de la politique canadienne". Il a suggéré qu'il y avait eu un récent assouplissement de la position américaine sur certains points de friction, notamment les dispositions sur la langue et la culture canadiennes, qualifiant ce changement de bienvenu.disruptionbanking+1
Peu après l'intervention de Carney jeudi, le président Trump a publié sur Truth Social qu'il était "très bon pour les politiciens canadiens comme le Premier ministre Mark Carney de faire du président Donald J. Trump 'l'ennemi'", avertissant que l'économie canadienne s'effondrerait.aljazeera
Le calendrier politique pèse lourdement des deux côtés de la frontière. Le Québec tient des élections provinciales le 5 octobre, l'Alberta vote sur un référendum de séparation le 19 octobre, et les élections de mi-mandat aux États-Unis suivent en novembre. Les tarifs de représailles du Canada sont calibrés pour frapper les États pivots lors des élections de mi-mandat : la ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, a reconnu sur NPR que la liste des représailles cible les États où les courses sont serrées.disruptionbanking
Ottawa travaille simultanément à réduire sa dépendance au marché américain. La part des exportations canadiennes vers les États-Unis est tombée à 66,35 pour cent en juillet, contre 72,64 pour cent un an plus tôt, selon les données de Statistique Canada publiées jeudi. Carney s'est engagé à doubler les exportations hors États-Unis d'ici 2035, et les exportations de biens vers les marchés non américains ont augmenté d'environ 17 pour cent entre 2024 et 2025.gfmag+1
Le 14 septembre, Carney organisera un sommet sur l'investissement inédit à Toronto, visant à obtenir 1 000 milliards de dollars canadiens d'investissements étrangers sur cinq ans. Des fonds souverains et des investisseurs institutionnels représentant plus de 100 000 milliards de dollars ont été invités. Pour diriger cet effort, Carney a nommé cette semaine Dominic Barton, ancien cadre de McKinsey et ambassadeur en Chine, à la présidence d'Investir au Canada.politico+1
La sénatrice Susan Collins du Maine a exprimé le malaise ressenti par certains législateurs américains : "Ce n'est pas la Chine à laquelle nous avons affaire. C'est le Canada, notre meilleur ami, un pays avec lequel notre économie est complètement imbriquée".disruptionbanking